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«L'Algérie a les moyens de fabriquer la matière première»
Benyoucef Zenati. Secrétaire général de la Fédération des textiles et des cuirs à l'UGTA
Publié dans El Watan le 18 - 10 - 2020

– Le secteur des textiles et cuirs subit-il les contrecoups de la crise sanitaire liée à la Covid-19 ?
La crise mondiale n'a pas épargné le secteur des textiles et cuirs qui vit actuellement une période difficile sur le plan économique. Le secteur des textiles est frappé de plein fouet : il a dû subir un arrêt total des machines pendant six mois, ce qui se répercute désormais sur les résultats.
A cet effet, la Fédération des textiles et cuirs a émis un certain nombre de propositions afin de sortir de cette crise. La prise en charge du secteur requiert de prendre quelques décisions en vue de permettre aux entreprises de redémarrer convenablement leur activité.
Le secteur a subi des pertes conséquentes : le groupe Getex a essuyé une perte de 1,6 milliard de dinars mensuellement, une entreprise (non affiliée à notre Fédération et travaillant en partenariat avec le MDN) a subi 4,5 milliards de dinars de pertes durant cette période et l'entreprise Socothyd a perdu durant cette période pas moins de 204 millions de dinars.
En contrepartie, les salariés ont été payés durant toute cette période. Si les groupes publics ont pu se maintenir à flots grâce à leur vigilance afin de préserver les emplois et les salaires durant la crise de la pandémie, il y a, a-t-on appris, des entreprises qui ont dû mettre la clef sous le paillasson.
C'est une situation mondiale certes, mais il n'y a pas eu véritablement une prise en charge du dossier. Il est à signaler qu'une nouvelle fois, et comme à chaque crise, le secteur des textiles a répondu à l'appel de la nation à travers la production de masques, de blouses et autres camisoles à usage médical. Cette année, nous avons fabriqué trois millions de bavettes par mois.
Auparavant, durant les tremblements de terre d'El Asnam et de Boumerdès, les inondations, la pandémie, c'est encore le secteur public qui a été présent, en mettant à disposition des tentes et des couvertures. Aujourd'hui, le secteur a besoin de l'aide et du soutien des pouvoirs publics pour sortir de l'impasse.
– Concrètement, quelles sont les possibilités de sortie de crise ?
Nous proposons notamment de différer le remboursement du crédit à l'investissement d'un minimum de deux à trois ans. Cela est argumenté par le fait que le jour où l'Etat a décidé d'octroyer ces crédits à l'investissement pour relancer le secteur du textile, la procédure a pris du temps.
A ce jour, des investissements n'ont pas été installés alors que le remboursement du crédit a déjà commencé. Il y a plusieurs raisons qui expliquent ce retard, et nous avons perdu 3 ans sans qu'il y ait retour sur investissement.
Cette proposition argumentée permettrait aux entreprises d'avoir de la liquidité et permettra aux entreprises des textiles et cuirs de souffler, d'une part. D'autre part, il serait recommandé de rééchelonner les dettes d'exploitation ainsi que les dettes fiscales et parafiscales.
Ces décisions, si elles sont prises en considération par les pouvoirs publics, permettront au secteur de redémarrer sereinement l'activité, d'acheter la matière première, de payer les salaires et d'assurer les éventuelles autres dépenses.
– Est-ce qu'il y a aujourd'hui des pénuries en matière première à cause de la fermeture des frontières ?
Il est important de souligner que nous avons les capacités de fabriquer la matière première en Algérie et de mettre fin à notre dépendance au marché international.
Notre secteur a besoin de coton, d'accessoires et de matières chimiques. Pendant cette pandémie, une petite partie seulement de la marchandise arrive en Algérie en raison de la fermeture de l'espace aérien et des frontières, nous perdons un temps précieux. En matière de production, un mois de perdu nécessite trois à quatre mois pour rattraper le retard.
Que dire de nos six mois d'arrêt de la production ? Il y a aujourd'hui une reprise timide du secteur. Cette crise et ses répercussions sur les entreprises devraient nous inviter à réfléchir.
La Fédération des textiles insiste sur le fait de fabriquer notre matière première à travers la culture du coton. L'importation requiert du temps, nous avons souvent affaire avec les délais de livraison assez longs. Ce projet, peu coûteux en matière d'investissement, permettrait une efficacité économique certaine, une réduction de la facture d'importation et la création d'emplois.
Des entreprises mixtes ont fait des expériences encourageantes dans ce domaine, et c'est là quelque chose que l'Algérie faisait dans les années 70'. Il y a également la fibre synthétique, transformée à partir du pétrole, qui pourrait bien être fabriquée dans un pays comme l'Algérie.
Cela est d'autant plus rentable qu'elle est utilisée aussi bien dans le secteur du textile que dans l'automobile. Nous souhaiterions, par ailleurs, une restructuration de la filière des cuirs.
Prenons l'exemple de la collecte des peaux : une société qui s'en occupait a été dissoute du temps de l'ancien ministre de l'Industrie Abdelhamid Temmar. Il est essentiel, pour la survie de la filière cuirs, de rouvrir cette société, même si ce ne sera pas avec la dimension d'antan, afin de collecter des peaux dans les normes requises à travers le territoire national, ce qui nous permettra d'exporter cette matière première et son exploitation locale.
Le secteur des textiles et cuirs nécessite, par ailleurs, des professionnels du secteur. Dans cinq ou dix ans, lorsque les derniers ingénieurs du secteur partiront à la retraite, il n'y aura peut-être plus personne pour les remplacer. Aussi est-il essentiel aujourd'hui de miser sur la formation de la ressource humaine.
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