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L'Europe règle ses comptes à Bruxelles
Entre le oui et le non
Publié dans El Watan le 15 - 06 - 2005

Le sommet européen de Bruxelles qui se tiendra jeudi et vendredi va sans doute marquer le début d'une longue période de discussion et de réflexion sur l'avenir de l'Europe après le rejet de la Constitution européenne par la France et les Pays-Bas.
Devant le choc en retour du « non » aux référendums français et néerlandais, Tony Blair, le Premier ministre britannique laborieusement réélu, a préféré ajourner celui qui devait se dérouler dans son pays au printemps prochain et ce afin d'éviter de paraître donner le coup de grâce au projet de Constitution européenne avant de voir de quoi il en retournerait jeudi et vendredi prochains à Bruxelles. Au lendemain de l'annonce de la décision Tony Blair, les dirigeants européens se sont voulus rassurants, refusant d'enterrer le traité prévoyant la ratification de la Constitution européenne. Tandis que ceux des autres pays, à l'instar du Portugal ou du Danemark, ont laissé entendre que la ratification respective dépendra de l'issue du sommet. Bref, tout le monde préfère attendre et voir sur quoi débouchera la rencontre des 25 qui se tiendra dans la capitale belge. Au Parlement européen, où les eurodéputés ne cachent pas leur désarroi, l'idée de faire une pause fait aussi son chemin. Dans la plupart des pays où des référendums sont prévus dans les mois à venir, le non a déjà fait une remontée spectaculaire dans les sondages. Au Portugal, le oui, jusqu'à récemment nettement majoritaire, est désormais, avec 50,8% des intentions de vote, pratiquement à égalité avec le non (49,2%), selon un sondage publié vendredi par l'hebdomadaire Expresso. Il s'est effrité de la même manière en Pologne, où un référendum est prévu à l'automne, et au Luxembourg, pays pourtant traditionnellement acquis à la construction européenne, dont les électeurs sont les prochains appelés aux urnes le 10 juillet. Au Danemark, le non est même devenu majoritaire. En attendant de trouver une solution à la crise, les 25 tenteront tout de même cette semaine de montrer que, malgré tout, l'Europe fonctionne, malgré les couacs et les divergences apparues autour de l'élaboration du budget européen pour 2007-2013. Et l'on s'attend d'ailleurs à une polémique assez forte entre Tony Blair et Jacques Chirac autour de la question du fameux rabais britannique obtenu en 1984, parce que le Royaume-Uni estimait qu'il payait à l'Europe plus qu'il n'en recevait, notamment à travers la politique agricole commune (PAC) qui a profité davantage à la France plutôt qu'à la Grande-Bretagne. Et, aujourd'hui, ce qui est précisément en jeu, ce sont près de 800 à 1000 milliards d'euros destinés essentiellement aux dépenses agricoles et à la solidarité envers les régions les plus défavorisées. Pour les Français, pas question de remettre en cause la PAC, ce que réclament les Britanniques en contrepartie d'un compromis sur le rabais ; dans le cas contraire, ceux-ci n'hésiteraient pas à recourir au veto. Par ailleurs, les trois principaux pays contributeurs nets de l'Union que sont l'Allemagne, les Pays-Bas et la Suède revendiquent la baisse de leur apport. L'actuelle Présidence luxembourgeoise de l'Union essaie de parvenir à un compromis entre l'exigence britannique et celle des principaux pays contributeurs qui voudraient plafonner leur apport à un 1% et celle des pays du Sud et de l'Est qui souhaiteraient une plus grande contribution. Les nouveaux Etats membres de l'Union sont pressés de parvenir à un accord pour que le versement des aides qui leur sont destinées puisse intervenir comme prévu dès 2007. Tandis que les résistances viennent de l'Italie, de l'Espagne et du Portugal qui ne veulent pas faire les frais de l'élargissement à l'Est et défendent le maintien au moins partiel de leurs aides régionales. L'Italie a ainsi menacé, elle aussi, de recourir au veto si les aides au Mezzogiorno, ses régions arriérées du Sud, étaient supprimées. A deux jours de l'ouverture du sommet de Bruxelles, les derniers préparatifs de la rencontre ont pris des allures de contre-la-montre mardi, avec des entretiens du Premier ministre britannique à Luxembourg, puis Paris jugés cruciaux pour éviter une nouvelle crise européenne. Tony Blair a d'abord retrouvé en début de matinée au Grand-Duché le Premier ministre Jean-Claude Juncker, à qui il succédera le 1er juillet à la Présidence de l'Union européenne. L'entretien d'un peu plus d'une heure entre les deux hommes portait sur les deux sujets au menu du sommet : l'avenir de la Constitution après les non français et néerlandais et la négociation sur le budget 2007-2013 de l'UE, dont le rabais britannique est l'une des clés.
La crainte d'un effet domino
M. Blair a ensuite repris l'avion à destination de Paris, pour une rencontre dans l'après-midi qui s'annonçait conflictuelle avec le président français Jacques Chirac, l'un des principaux avocats de la remise en cause de ce rabais. Fait révélateur de la tension ambiante, aucune conférence de presse n'a été prévue ni avec M. Juncker ni avec M. Chirac. Le numéro un britannique devait seulement s'adresser aux journalistes après sa visite à l'Elysée, à l'ambassade du Royaume-Uni à Paris. Tony Blair a affirmé lundi qu'il se montrerait « diplomatique mais ferme » à Bruxelles pour préserver, dans la négociation budgétaire, le rabais, dont son pays bénéficie depuis 1984 et que la plupart de ses pairs veulent remettre en cause. Menacé d'isolement, il a lancé une contre-attaque en portant le fer contre le coût des aides agricoles européennes, dont la France est la première bénéficiaire et qui ont été sanctuarisées jusqu'en 2013 par un accord passé dès octobre 2002. En le recevant lundi soir à Berlin, Gerhard Schröder a, comme M. Chirac avant lui, exclu une renégociation de ce compromis accepté à l'époque « à l'unanimité ». Le chancelier allemand a demandé à « toutes les parties » de « dépasser leurs égoïsmes nationaux ». L'Allemagne est « prête » à faire un effort, selon son porte-parole Bela Anda. A en croire le journal Welt am Sonntag, Berlin serait prêt à accroître sa contribution annuelle à l'UE de près d'un demi-milliard d'euros. « Nous sommes résolus à parvenir à un accord lors du Conseil européen de jeudi et vendredi », a réaffirmé lundi soir le chef de la diplomatie du Luxembourg, Jean Asselborn. « Cela ferait du bien à l'Europe », a-t-il ajouté. Il a souligné qu'un accord passait « par l'élaboration d'un compromis équilibré et donc, par l'acceptation de sacrifices ». Sur la Constitution, le chancelier Schröder a réitéré à M. Blair lundi la position franco-allemande favorable à la poursuite des ratifications, malgré le non en France et aux Pays-Bas. Selon un sondage, 63% des Français sont favorables à un tel scénario. Le Premier ministre britannique, qui a gelé le projet du référendum dans son pays, a appelé pour sa part à « faire en sorte que les gens en Europe comprennent le contexte politique dans lequel nous leur demandons de prendre ces décisions sur la Constitution ». Après les Luxembourgeois, les Danois, les Portugais et les Tchèques, la dynamique du non enclenchée par les scrutins français et néerlandais semble toucher les Irlandais qui, eux aussi, voteraient sans doute contre le traité à l'heure actuelle, selon un sondage publié mardi par le quotidien Irish Times. D'ores et déjà, certaines voix affirment au niveau des instances européennes que la Constitution européenne rejetée déjà par les Français et les Néerlandais ne pourrait entrer en vigueur en 2007 tant le risque d'un syndrome du non est grand et suggèrent par-là même de « marquer un temps » afin que les « opinions retrouvent confiance en l'Europe ».


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