Pour la wilaya de Chlef, la pénurie de lait en sachet avait commencé le Ramadhan passé. Des distributeurs locaux s'étaient plaints, à l'époque, de difficultés d'approvisionnement auprès de la laiterie des Arribs, dans la wilaya voisine d'Aïn Defla. Celle-ci demeure le principal sinon l'unique fournisseur de la région en cette denrée. La direction de l'entreprise avait, rappelons-le, pris la décision de majorer les tarifs de transport de la marchandise rendue, ce qui a réduit considérablement la marge bénéficiaire des distributeurs n'ayant pas de moyens de transport frigorifiques. Cela a, bien entendu, découragé certains d'entre eux qui ont dû carrément ralentir ou abandonner leur activité. Les responsables de la laiterie ont justifié leur décision par des impératifs économiques et financiers, indiquant qu'ils ne pouvaient continuer à transporter le produit à perte. Alertés, les services concernés ont, semble-t-il, saisi les autorités centrales sur la question, mais sans résultat. Le dérèglement que connaît donc le circuit de production et de distribution de cette matière, n'a fait qu'aggraver la tension au point que les rares points de vente sont continuellement assaillis par les consommateurs à la recherche de leur sachet de lait. Pour beaucoup, cette dépendance de la poudre de lait, qui est de surcroît transformée et fournie par une entreprise extérieure, aurait été moindre si la filière lait était organisée et contrôlée par les pouvoirs publics. En effet, des producteurs bénéficiant du soutien de l'Etat en la matière ne jouent pas convenablement leur rôle dans la satisfaction des besoins en lait cru. Si une infime partie est livrée aux laiteries, le reste, soit le gros de la production, est versé dans le circuit informel pour l'autoconsommation. Selon les estimations de la direction des services agricoles, 50 millions de litres de lait cru ont été produits de janvier à août dernier. Mais cela n'a eu manifestement aucun effet sur la production, ni sur le prix de ce produit qui est vendu 50 DA le sachet !