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Un regard juste sur la guerre d'Algérie
La chronique de Maurice Tarik Maschino
Publié dans El Watan le 04 - 04 - 2012

Cinquante ans après la fin de la guerre d'Algérie, la tentation est grande, pour beaucoup, de refaire l'histoire. Illusions persistantes, rancœurs, souvenirs douloureux, nostalgie, brouillent le regard de nombreux commentateurs français. C'est pourquoi, on ne peut accueillir qu'avec reconnaissance le nouveau livre de l'historienne, Sylvie Thénault, Algérie : des «événements» à la guerre1. Son objet : dissiper un certain nombre d'idées reçues, «expliquer pourquoi et comment la France fut vaincue» et «revenir sur ce passé sans tabou». Ce qu'elle réussit parfaitement : cette «vision renouvelée de la guerre» a la rigueur et la froideur d'un regard objectif.
Parmi les idées reçues que son livre dénonce, il en est une qui a la vie dure et qui s'étale en caractères gras à la une du Nouvel Observateur du 1er mars : «Cette guerre pouvait être évitée.» Exemple typique, quasiment caricatural, d'un déni de réalité : si la guerre n'a pas été évitée, c'est qu'elle était inévitable. Un gamin en conviendrait, et l'on s'étonne qu'un Yasmina Khadra rejoigne Jean Daniel dans son aveuglement et sa niaiserie.
Ah, se lamente le directeur du Nouvel Obs., si l'on avait écouté ces Algériens et ces Français – Ferhat Abbas, Mouloud Feraoun, Mouloud Mammeri, Albert Camus, Jacques Berque, Jules Roy – qui, dénonçant l'existence de deux collèges électoraux et des élections toujours truquées, préconisaient de «choisir, dans un premier temps, le droit à l'égalité plutôt que le droit à la différence», la guerre d'Algérie n'aurait pas eu lieu.
Persister dans cette illusion, c'est d'abord regretter qu'elle ait eu lieu et n'accepter que du bout des lèvres, comme contraint et forcé, l'indépendance qu'elle a permis de conquérir. C'est ensuite ne rien comprendre des souffrances quotidiennes que les Algériens, méprisés, humiliés, niés dans leur humanité ont éprouvées pendant la colonisation. Souffrances qui, en s'accumulant pendant plus d'un siècle, ont brusquement explosé.
«Il y eut, tout au long de la période coloniale, écrit Sylvie Thénault, une accumulation de violence d'autant plus forte qu'elle restait feutrée, nichée au cœur du rapport de domination séparant les uns des autres : la guerre fut le moment de son surgissement.» Ce n'est pas dans l'inégalité des conditions socio économiques ou le truquage des élections que la guerre trouve sa raison première, c'est d'abord dans les couches les plus profondes d'un psychisme journellement traumatisé, d'une dignité constamment bafouée.
C'est pourquoi cette guerre a été perdue par l'armée française, malgré tous les moyens employés pour vaincre la résistance : barrages électrifiés aux frontières, camps d'internement où s'entassaient déjà, en 1959, plus de 11 000 Algériens, torture. Une torture qui, contrairement à une autre idée reçue, n'avait rien de nécessaire, comme l'a reconnu plus tard le général
Massu : si, parfois, elle a permis d'éviter un attentat, elle n'a pas diminué la puissance de frappe du FLN. Malgré l'affaiblissement des maquis, mal ravitaillés en armes, la guerre n'a pas été gagnée par l'armée française. «Le FLN, rappelle Sylvie Thénault, se manifestait aussi en Algérie par son organisation politico-administrative. Or celle-ci résista.» Et son éradication fut impossible : à peine démantelé, un réseau se reconstituait.
Les Algériens gagnèrent la guerre sur le terrain même. L'indépendance, loin d'avoir été «donnée par de Gaulle» autre idée reçue, en France – est le résultat politique d'une victoire militaire et diplomatique. Le mérite du général, qui tenta d'abord d'éviter l'inévitable, en proposant par exemple «la paix des braves», est d'avoir compris que seule la reconnaissance de l'indépendance mettrait fin à cette guerre.
Que certains tentent de nier la réalité en récrivant l'histoire avec des si est un mécanisme de défense classique. Mais la réalité, elle, est toute simple et l'ouvrage de Sylvie Thénault la rappelle avec force : la France a perdu la guerre, l'Algérie l'a gagnée, et son indépendance est irréversible.
1) Ed. Le cavalier Bleu, février 2012


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