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A Tinzaouatine et Timiaouine, aux portes de l'Azawad
Notre reporter Mohand Aziri à la frontière algéro-malienne
Publié dans El Watan le 17 - 04 - 2012

Tinzaouatine, à 2600 kilomètres au sud du Club des pins. La «49e wilaya» frit au soleil en ce vendredi 13, respire l'air vicié du tamadalit (tempête de sable en tamasheq) dont la saison vient juste de commencer.
Tinzaouatine.
De notre envoyé spécial

La bourgade de Tinzaouatine, à l'extrême sud de l'Algérie,10 000 habitants, un concentré de tribus touareg, arabes, d'anciens et nouveaux réfugiés maliens et autres naufragés négro-africains, est sur la «ligne de front» avec le Mali. Une commune ouverte aux quatre vents. Pas de barrages filtrants ni à l'entrée ni à la sortie de cette agglomération du vieux monde, tout de même connectée à internet. Pas de présence imposante ou visible des services de sécurité ou de l'armée. Tout semble confiné autour de cette improbable ligne Maginot dont il est difficile de distinguer les fortifications. En juillet 2010, une section complète de GGF (les gardes-frontières), 11 gendarmes et gardes communaux, a été décimée, ici, par les terroristes d'Al Qaîda au Maghreb islamique (AQMI).
A la menace permanente que font peser les groupuscules fondamentalistes s'ajoute désormais le chaos sécuritaire au Nord-Mali. Le drapeau de la brinquebalante «république de l'Azawad», frappé du signe amazigh, flotte de l'autre côté de l'oued Tinzaouatine, un oued qui incarne sommairement un bout de ces «frontières intangibles héritées de la colonisation» et sépare virtuellement les deux Tinzaouatine, l'algérienne et la malienne, peuplée, depuis la nuit des temps, par la communauté touareg.
A dix kilomètres de là, Chebrech, la Tinzaouatine malienne, passée depuis février sous le contrôle précaire du Mouvement pour la libération de l'Azawad (MNLA). Des véhicules de l'armée malienne, prisés par les insurgés, campent sur la butte faisant face au poste-frontière algérien. Hissé sur le toit des cabines des camions, peint sur les rochers, l'emblème azawad, bien en évidence, annonce la couleur des «territoires libérés». «Rien de malien ne subsiste ici. Nous sommes azawadiens», déclare, une étincelle dans les yeux, Mohamed Ag Sidi, du bureau politique du MNLA à Tinzaouatine.
La déroute de l'armée malienne, qui surveillait tant bien que mal cette frontière passoire et virtuelle, est totale. La Berezina en terre saharienne. Dans la nuit du 8 au 9 février dernier, la forte charge sonnée par les insurgés contraint les militaires maliens à abandonner postes et casernement pour se précipiter en terre algérienne trouver asile.
Les «damnés» de Tinzaouatine
Moissé Keita, immigrant nigérian, refoulé «abusivement» d'Algérie après des années d'études à l'université de Blida, a assisté à la débandade : «C'était un déluge de feu, militaires maliens, immigrants camerounais, Bambaras, Nigérians (…) avons tous fui nos ‘républiques' (maisons en toub squattées par les immigrants expulsés d'Algérie) pour nous réfugier de l'autre côté de la frontière. Des avions de chasse algériens survolaient l'espace. C'était la guerre.»
Cette guerre «éclair» Yazid, conducteur d'engins à la Sonatro – entreprise publique de BTP qui, depuis plus d'un an, construit à Tinzaouatine un aérodrome pour l'armée de l'air algérienne – dit l'avoir aussi vécue «en direct», à partir de la base de vie de sa société : «Impressionnant, on aurait dit un tremblement de terre.»
La guerre a charrié son contingent de malheurs et de réfugiés. Dans le lit de l'oued, à côté d'une nécropole surannée, une quarantaine de familles de réfugiés issus de tribus touareg (Ifoghas) et descendants des Banou Hillal (Kel Essouk) ont installé un campement rudimentaire. Les plus nanties d'entres elles disposent de tentes en bonne et due forme (dont trois offertes par le Croissant-Rouge), les autres en ont bricolé quelqu'une l'aide des loques et d'oripeaux ramassés alentour, mais vite emportés, dispersés par les tempêtes de sable. Oubliés des dieux et des hommes, leur situation est des plus critiques. Pas d'eau, pas de nourriture ni de médicaments, ces réfugiés originaires du Nord-Kidal ayant fui les bombardements de l'aviation malienne, en mars dernier, frôlent le désastre humanitaire.
Pour le maire de Tinzaouatine, le «problème» des réfugiés ne date pas de ce conflit. L'afflux de populations, touareg notamment, réprimées par le pouvoir malien est récurrent depuis les années 1960. «C'est pas nouveau chez nous et cette fois-ci, les réfugiés ne se sont pas installés chez nous», insiste-t-il. La situation des réfugiés et la proclamation d'un «nouvel Etat» à la frontière de sa commune ne semble pas trop inquiéter Ahmed Chitou, le président de l'APC (FLN). «Le risque de contamination est quasi nul», estime-t-il d'emblée. Et pour cause : «La situation des Touareg du Mali, marginalisés et réprimés par le pouvoir central, est sans commune mesure avec celle des Touareg d'Algérie qui bénéficient de la bienveillance de l'Etat, de plans de développement, etc.» «Cela ne veut pas dire que nous ne sommes pas affectés, ce sont nos frères après tout et ce qui les affecte nous affecte aussi. C'est normal», ajoute-t-il. L'Azawad ? «Je ne le commenterais pas. Les Touareg, chacun y va de sa propre opinion.»


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