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50 ans de litterature feminine : la frontière du silence
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Publié dans El Watan le 23 - 02 - 2013

Dès la fin des années quarante paraissent les premières œuvres de femmes.
La quatrième table ronde organisée dans le cadre de la 19e édition du Maghreb des livres, animée par Djilali Bencheikh, était consacrée à «Cinquante ans d'écriture au féminin».Selon Bouba Tabti, universitaire, la production littéraire féminine algérienne dans son expression romanesque est en plein essor depuis 1947, période des «pionnières». Les premières œuvres sont pétries de préoccupations liées à la colonisation (Djamila Debêche) et aux problématiques de l'exil, de la marginalité, du déchirement, de l'attachement à la terre natale et à la culture orale (Fadhma Aït Mansour, Marguerite Taos Amrouche). En 1957, Assia Djebar, figure de proue de la littérature algérienne, publie son premier roman, La Soif.
La littérature des années 1970 s'inspire, pour l'essentiel, des thèmes puisés de la société et l'histoire algériennes. La production romanesque des années 1980 est marquée par le retour d'Assia Djebbar avec Femmes d'Alger dans leur appartement qui «inaugure le cycle de l'écriture de la maturité». Puis apparaît Cow Boy de Lachmet Djanet (1983). Narré à la première personne, le récit nous immerge dans l'intimité d'une enfant et de sa relation avec sa mère dans le contexte de la période coloniale. Durant les années 1990, la situation de violence qui prévaut en Algérie et la volonté de rendre compte d'un passé et d'un présent marqués par le désenchantement, incitent à l'écriture.
Des femmes écrivent. Parmi elles Malika Mokkedem, Ghania Hamadou, Nina Bouraoui, Maïssa Bey... La production littéraire de cette période a été qualifiée d'«écriture de l'urgence». Les années 2000 se caractérisent par une évolution sur le plan thématique, stylistique et métaphorique. De nos jours, de plus en plus de femmes écrivent. Beaucoup privilégient les récits courts : nouvelles, contes, romans de jeunesse... Ces femmes expriment «le besoin de dire, de se faire entendre dans un pays où la parole des femmes a longtemps été plus proche du chuchotement». L'écriture revêt pour elles «une fonction thérapeutique», explique B. Tabti.
Cette analyse vient faire écho à l'intervention de Christine Détrez, chercheuse en sociologie de la culture et du genre. Son essai, Femmes du Maghreb, une écriture à soi, repose sur une enquête qualitative réalisée en Algérie, au Maroc et en Tunisie auprès d'écrivaines qui publient dans leur pays et en France. Selon cette étude, la plupart des romancières algériennes appartiennent à des milieux assez aisés. Beaucoup travaillent, publient sous des pseudonymes et, pour une bonne partie, à compte d'auteur. L'écriture est un moyen de s'affirmer, d'exister en tant qu'individu différencié. Ecrire revêt une dimension essentiellement identitaire et exprime la volonté de s'approprier «soi».
Cette table ronde a mis en exergue le phénomène de la pluralité linguistique qui a tendance à caractériser l'acte d'écriture des écrivaines de la nouvelle génération. Cette donne, qui caractérise également l'écriture masculine, montre que les langues, le français et l'arabe littéraire, sont appréhendées comme des moyens d'expression, d'extériorisation et, pour beaucoup, dans un registre libéré des carcans et des tabous.
Par ailleurs, l'intervention de l'écrivaine Maïssa Bey a mis en exergue deux points cruciaux : la nécessité de pérenniser la production littéraire féminine et celle de décloisonner cette littérature qui a tendance à être définie comme une écriture liée au «tragique». Selon elle, ce constat ne s'est jamais posé à l'égard de l'écriture masculine : «Un homme qui écrit a quelque chose à dire», explique-t-elle ; une femme qui écrit «a toujours quelque chose à dénoncer». Et à l'auteure de conclure sur le ton de la révélation : «Il faut beaucoup de courage pour franchir la frontière du silence.»


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