Les responsables du secteur de l'habitat se tournent vers les entreprises étrangères pour accélérer la cadence des travaux dans le domaine du bâtiment, tout en menant une campagne dénonçant la faiblesse des entreprises locales. Une rencontre-débat organisée récemment par la radio locale de Médéa à l'hôtel M'sallah, a réuni les représentants des deux unions des entreprises de travaux publics et bâtiment de la wilaya de Médéa et ceux de la presse locale. Cette rencontre s'est tenue dans une conjoncture particulière, c'est-à-dire à l'heure où les responsables du secteur de l'habitat se tournent vers les entreprises étrangères pour accélérer la cadence des travaux dans le domaine du bâtiment, tout en menant une campagne dénonçant la faiblesse des entreprises locales. Ces griefs n'ont pas été du goût des représentants des entreprises de réalisation locales. Les propos tenus par le ministre de l'Habitat à la télévision ont compliqué davantage la situation. Le premier responsable du secteur de l'habitat impute tout retard des projets structurels inscrits dans le cadre du plan quinquennal 2010/2014 au non-professionnalisme des entreprises algériennes de construction. «Pour cacher leurs défaillances, les pouvoirs publics nous accusent d'être la cause des retards concernant notamment la réalisation des logements, des établissements scolaires et universitaires. C'est injuste !», dénoncent des entrepreneurs de Médéa. La moyenne des derniers taux de réalisation physique communiqués au siège de la wilaya ne dépassent guère, tous secteurs confondus, les 25%. La consommation de crédits se situe à seulement 23%. Mécontentement du wali et après… Ces pourcentages ont mis le wali hors de lui lors d'une récente réunion regroupant l'exécutif et différents opérateurs. Et dire que les moyens de réalisation ne manquent pas dans la wilaya, avec un nombre qui frôle les 4000 entreprises versées dans le secteur de la réalisation.Des centaines d'opérations n'ont pas encore été lancées sur le terrain, quand d'autres datent du premier quinquennat 2005/2009. Les deux présidents des unions de l'entrepreneuriat, à savoir l'ingénieur Boulanouar et Esslimani Samir, n'ont pas mâché leurs mots lors du forum à la radio pour dénoncer leur marginalisation par l'administration locale. «Les maîtres d'ouvrage n'accordent que peu d'intérêt pour recevoir et dialoguer avec les entrepreneurs privés afin de trouver des solutions en commun aux problèmes posés», regrettent -ils. Et de poursuivre : «Nous refusons d'être des boucs émissaires. Nous avons établi une liste indiquant plusieurs points noirs qui entravent la bonne marche des chantiers sur le terrain.» Parmi les problèmes évoqués, le paiement tardif des situations de marché, des avenants et des travaux supplémentaires qui traînent dans les tiroirs des ordonnateurs, et ce, en l'absence d'un arbitrage du premier responsable de la wilaya. La cherté des prix et l'indisponibilité des matériaux de construction sont entre autres entraves citées. Les protestataires donnent l'exemple de 37 chefs d'entreprise qui n'ont pas été payés depuis des années, alors qu'ils ont accompli des travaux supplémentaires et que les infrastructures ont été réceptionnées. «C'est une injustice criante», se désolent-ils. «Cela bloque et déprime l'entrepreneur le plus motivé. On veut une solution !», insistent les entrepreneurs.