Après une longue et vaine atOrganisé par la fondation Emir Abdelkader et le CICR, en partenariat avec le ministère de la Justice, un colloque international consacré à «L'Emir Abdelkader et le droit humanitaire» s'ouvrira aujourd'hui à Alger. Durant les travaux, une quinzaine de communications sont prévues et s'articuleront autour des «Enjeux du respect du droit international humanitaire (DIH) et de la promotion de l'histoire de la codification du droit international humanitaire et l'Emir Abdelkader» et ont pour thèmes «Le droit humanitaire international dans la pensée religieuse (judaïsme, christianisme et islam) et dans les théories et les philosophies positives», «Le droit international humanitaire dans les traités internationaux (les droits humanitaires avant la bataille de Solférino en 1859, les droits humanitaires avant la création de la Croix-Rouge en 1863 et la signature de la première Convention de Genève, en 1864)» et «L'Emir Abdelkader et la protection des victimes de la guerre (l'inspiration, la réflexion et l'action humanitaire chez l'Emir, le legs de l'Emir en Algérie et ailleurs)». Pour les organisateurs, «certains éléments permettent de croire que l'Emir a été le premier à avoir posé les fondements des règles des droits humanitaires (…). Mais les aspects religieux, historiques et soufis de la pensée de l'Emir ne sont pas l'objet de notre rencontre, il nous importe en revanche, ici, d'établir que la dimension humaine (humanitaire) a permis à l'Emir de devancer incontestablement ses contemporains parmi les intellectuels arabes en tant que chantre des droits humanitaires, qui englobent tout le genre humain, abstraction faite de l'appartenance religieuse et du patrimoine culturel et intellectuel». Ils ajoutent : «Nombreux sont les spécialistes de la pensée de l'Emir, notamment les orientalistes qui ont affirmé qu'il fut le précurseur de la théorie des droits humanitaires, tels que connus dans le droit humanitaire dans les temps modernes. Cette théorie ne s'étant réalisée qu'à la lumière des idées essentielles avancées par l'Emir, dont l'orientation et la couleur se sont précisées par la suite dans le cadre des valeurs humaines universelles, que l'organisation de la Croix-Rouge puis d'autres institutions internationales ont développées et réglementées.» Et de préciser : «Le fait que l'Emir ait eu la primauté dans l'institution de la théorie des droits humanitaires ne nous empêche pas de reconnaître que les contenus de ces droits ont été affirmés par de nombreux textes religieux judéo-chrétiens et même avant. Beaucoup de chercheurs pensent, à cet effet, que l'institution textuelle de la question des droits humanitaires ne doit pas être niée, or il faut dire que cette institution textuelle dans la pensée judéo-chrétienne, par exemple, n'a pas eu d'effet positif quand elle est passée de la phase conceptuelle à la théorisation, puis à la pratique. Raison pour laquelle beaucoup de chercheurs ne comptent pas sur les textes qui affirment ces droits sans pour autant avoir une traduction réelle sur le plan pratique ni dans la vie courante.» Parmi les conférenciers qui interviendront durant ces trois jours de colloque, nous citerons le rabbin Raphael Guedj, Monseigneur Henri Teissier (ancien archevêque d'Alger), le docteur Ammeur Zemmali, l'ambassadeur Nicolas Lang, le docteur Jean-François Queguiner, le professeur Mohamed Taïbi, le professeur Abdelbaki Meftah, le professeur Thomas Woeimer-Powell, le professeur Hmida Amiraoui, le professeur Amel Moussa, le docteurr Mostefa Khiati, François Bugnion, le professeur Réda Bekirane, le colonel Slimane Mouali et le professeur Mohamed Cherif Qahar. Le colloque s'achèvera jeudi avec une série de recommandations. Aujourd'hui, une cérémonie de commémoration du 130e anniversaire de l'Emir sera organisée au cimetière El Alia, en présence de nombreuses personnalités nationales.