En début de semaine, la section des scouts musulmans algériens (SMA) de Biskra a organisé, en coordination avec la mouhafadha de wilaya des SMA, une rencontre avec les jeunes au siège historique du groupe Raja, au quartier de la gare, afin «de renforcer les liens et de jeter les ponts entre les vétérans du mouvement national des scouts et les jeunes générations», a indiqué le chef, ou kaïd Farid qui a rappelé, dans un émouvant témoignage, que le groupe Raja était une école de nationalisme et de patriotisme qui a offert à la révolution algérienne des hommes de la trempe d'un Larbi Ben M'Hidi ou d'un Youcef Lamoudi. Les jeunes du groupe Raja avaient réussi au nez et la barbe de la soldatesque coloniale, à constituer un stock de guerre pour soutenir la Révolution en matériel, armes et munitions. Trente (30) d'entre eux sont des martyrs mais très peu connaissent leur parcours et les circonstances de leur mort, a-t-il ajouté. Invités d'honneur, Zerari Louardi, Khezzani Mohamed et Kahoul Nadhir, des anciens louveteaux ayant fourbi leurs armes dans les années 1950 et 1960 dans les rangs des scouts musulmans ont chacun apporté leur eau au moulin en établissant des contacts avec les jeunes, auxquels ils ont expliqué que la libération du pays en 1962 n'était pas un événement sorti du néant mais la résultante de puissantes volontés d'indépendance portés par des jeunes dont beaucoup sont tombés au champs d'honneur pour que vive l'Algérie libre. A noter que le bâtiment, en face de la gare de Biskra où activait le groupe Raja, tombe en ruine. Il est dans un état de délabrement qui ne semble déranger que ses occupants actuels, des férus de scoutisme qui tiennent à en perpétuer les valeurs et à sauver ce bien public. «Il y a bien un plan de réhabilitation et de rénovation mais il reste dans les tiroirs malgré les promesses des autorités locales de rendre son lustre à cet édifice dont la valeur historique, architecturale et fonctionnelle ne doit pas être occultée», dira à ce propos le kaïd Malik qui ne comprend pas la cause des lourdeurs administratives et la frilosité des autorités à prendre en charge la réfection de ce lieu emprunt d'histoire et d'histoires qu'il est primordial, à son sens, de préserver et de propager dans les esprits des plus jeunes car «il s'agit là d'un patrimoine matériel et immatériel d'une incommensurable importance pour le renforcement de la cohésion sociale», conclut notre interlocuteur en espérant ardemment voir un jour cette imposante bâtisse restaurée et une de ses ailes transformée en musée du scoutisme.