Le Forum du cinquantenaire a surtout mis en avant, dans son rapport final, l'urgence pour l'Algérie d'aller vers «un nouveau régime de croissance». Les pouvoirs publics doivent œuvrer en urgence à mettre en place de nouvelles politiques de soutien aux secteurs productifs et de régulation institutionnelle, afin d'améliorer le climat des affaires, de supprimer les rentes et d'attirer l'investissement. Telle est en substance la principale recommandation issue des travaux du Forum économique et social du cinquantenaire de l'indépendance organisé de mardi à jeudi derniers à Alger. Initié par le Conseil national économique et social (CNES), le Forum du cinquantenaire a surtout mis en avant dans son rapport final, repris avant-hier par l'APS, l'urgence pour l'Algérie d'aller vers «un nouveau régime de croissance». Ce régime, est-il indiqué, doit être basé «sur la rénovation des systèmes de gouvernance et la promotion de l'entrepreneuriat national». En ce sens, les experts du CNES n'ont pas manqué de mettre en évidence les multiples dysfonctionnements qui existent dans les différents volets de la gouvernance et l'insuffisance prononcée des instruments de régulation qui impactent négativement les régimes de croissance en vigueur. «Cet état de fait est aggravé lourdement par la verticalité et la centralisation des pouvoirs de décision dans un territoire-continent», déplore en ce sens le rapport final du forum. Comme pour tirer la sonnette d'alarme sur la vulnérabilité de l'économie nationale, le même rapport considère comme nécessaire de «re-questionner le modèle de développement suivi jusque-là et de saisir les nouvelles opportunités pour s'inscrire dans une vision d'avenir». Le modèle de croissance actuel demeure «fortement marqué par le poids du secteur des hydrocarbures, en dépit des tentatives d'ajustement et de réforme», notent les participants au forum, ajoutant que «ce constat témoigne, parfaitement, de la vulnérabilité de l'Etat, de la société et de l'économie algérienne», alors que les mesures prises pour réduire cette dépendance n'ont pas entraîné un changement dans le régime de croissance qui reste «mou et volatile». Au-delà des diagnostics ainsi posés sur la vulnérabilité de l'économie nationale, le rapport final du Forum du cinquantenaire apporte nombre de propositions à même de fixer de nouvelles orientations en vue de diversifier l'économie. Dans cet ordre d'idées, il est préconisé notamment de miser sur les filières des matériaux de construction, des ciments, de l'agroalimentaire, des engrais, du BTPH, de la pétrochimie et pharmacie pour instaurer une nouvelle dynamique de ré-industrialisation et partant, d'un nouveau modèle de croissance. S'agissant par ailleurs du secteur des hydrocarbures, il est surtout préconisé d'y opérer des «ajustements» pour l'intégrer de manière horizontale dans l'économie nationale avec le renforcement de la production des produits pétrochimiques de base et dérivés. De même, avancent les mêmes experts, le secteur des hydrocarbures doit s'inscrire dans une logique de gestion «prudente» des réserves, tout en intégrant le groupe Sonatrach dans un «redéploiement international» approprié avec un élargissement des réserves au lieu de l'inscrire dans des activités aval et de transport, moins rémunératrices. Au demeurant, les participants au forum, qui insistent tout particulièrement sur la nécessité de promouvoir l'entrepreneuriat national pour instaurer un nouveau régime de croissance, n'ont pas manqué d'appeler à une nécessaire dépénalisation de l'acte de gestion afin de libérer, indiquent-ils, les initiatives entrepreneuriales.