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Yvan Gastaut. Spécialiste de l'immigration : «Le problème d'un match, c'est que cela oblige à prendre partie»
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Publié dans El Watan le 17 - 12 - 2013

On reparle depuis quelques jours, ici ou là, de la possibilité d'un match amical entre l'équipe de France de football et celle de l'Algérie avant la Coupe du monde 2014. Avec Yvan Gastaut, universitaire, chercheur, spécialiste de l'immigration, nous avons voulu revivre le rêve black-blanc-beur de 1998, alors que la France avait emporté la coupe sous les applaudissements des Algériens d'Algérie, mais aussi de France...
-La France métissée participera au Mondial, cela nous fera-t-il revenir, selon vous, à l'ambiance survoltée, mais fraternelle et joyeuse de la fin des années 1990 ?
Je ne pense pas qu'en 1998 les choses étaient extraordinaires, parce que si la France avait perdu, on s'en serait pris à Zidane. Quelques jours avant ses deux buts en finale, il était expulsé pour avoir mis ses crampons sur un joueur adverse. Il n'avait pas une bonne image. Sauf qu'il a été le sauveur de la finale. C'est pareil pour le match qualificatif il y a quelques jours, Benzema et Sako ont été les buteurs et les sauveurs de la France.Un Noir et un Arabe sauvent la France. Ça fait rire bien sûr par rapport au discours raciste, mais la question est qu'aujourd'hui on est assez conscient du fait que ces joueurs représentent la France, mais peuvent cependant avoir une sensibilité liée au pays d'origine. Il y a eu cette rumeur sur internet qui fait dire à Benzema qu'il joue pour l'équipe de France professionnelle, mais qu'au fond il se sent Algérien. C'est peut-être une rumeur.
-Justement, cela pourra-t-il être de nouveau la schizophrénie pour les joueurs et les supporters l'année prochaine au Mondial ?
Oui, il ne manquerait plus qu'un match France-Algérie pour qu'on puisse voir ça… Cela risque d'être «affreux».
Le problème d'un match de foot, c'est que cela oblige à prendre partie, et quand on supporte que faire ? Il est impossible dans le football de dire la diversité, de dire la multi-appartenance. C'est très artificiel de tout analyser parce que le discours est partisan. On supporte pour des raisons qui n'ont rien à voir avec ce qu'on est, là où on est. En même temps, une fois qu'on a supporté, on passe à autre chose. Il ne faut pas voir dans un match une fracture de la société, ce serait complètement débile et, justement, on entre trop là-dedans. Si quelqu'un va avec un drapeau algérien au stade, cela veut-il dire qu'il n'est pas Français, c'est complètement fou de le dire. Le football provoque la séparation. Je suis pour les uns, donc je ne suis pas pour les autres. Mais en même temps, c'est plus compliqué que ce discours binaire.
-Pour les chercheurs, la qualification des équipes de France et d'Algérie, c'est un nouveau champ d'expérimentation ?
Oui, cela va produire du discours. Au-delà de l'intérêt qu'on pourra avoir pour l'Algérie ou pour la France. Ce qui m'intéresse, ce sont les représentations.Un match France-Algérie, c'est du miel pour voir comment les esprits s'échauffent et montrent la capacité d'aveuglement de la société française qui s'insurge contre des comportements qui n'ont pas lieu d'être critiquables. Cela me semble tout à fait normal qu'un fils ou petit- fils d'Algérien en France supporte l'équipe d'Algérie. Cela ne pose aucun problème. C'est en fait cette dimension de sommation de ne pas avoir de sensibilité qui est en cause.
-Vous avez participé à l'ouvrage Treize siècles de présence arabo-orientale en France paru à La Découverte, qu'y avez-vous appris ?
Le livre met justement en scène les décennies de présence de footballeurs. Le livre est le fruit de plusieurs mois de travail entre Nicolas Bancel, Pascal Blanchard, Naïma Yahi et moi-même. On a rassemblé des chercheurs pour réfléchir au long rapport entre la France et les populations arabo-orientales, montrant que cette relation n'est pas récente, mais qu'elle est inscrite sur une temporalité qui dépasse les notions nord-sud, et même la colonisation.On est dans un processus de fascination-répulsion qui fait que la France a constamment, depuis le Moyen-Age, été marquée par la présence de l'Orient, présence effective ou présence dans l'imaginaire.
-Peut-on dire que le racisme aujourd'hui a changé ?
Le racisme ordinaire est toujours là. Pourtant, il semble que la société est plus ouverte aux générations issues de l'immigration qu'elle ne l'était il y a trente ans.Le racisme cependant change d'habits. En même temps que les extrêmes comme le Front national calment leurs ardeurs, par stratégie, ce qui me semble le plus dangereux, l'expression de racisme est plus débridée dans la société, sur des personnalités par exemple, comme à l'encontre de la ministre de la Justice.
L'expression raciste est plus vulgaire, notamment soutenue par les réseaux sociaux, avec une tendance à la banalisation, me semble-t-il. Une tendance qu'il ne faut pas prendre à la légère.


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