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Qu'apprends-tu à l'école, mon fils ?
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Publié dans El Watan le 20 - 02 - 2014

Qu'apprennent nos enfants à l'école ? Si les contenus ont été remodelés lors de la réforme scolaire menée tapageusement par l'ancien ministre de l'Education, Aboubakr Benbouzid, l'école est encore enfermée dans une vision idéologique, au sens étroit du terme. Analyse des manuels éducatifs.
Une vision passéiste de la place de la femme dans la société algérienne, un discours religieux ambivalent et un enseignement de l'Histoire empreint de populisme. C'est, en substance, ce que l'on retient des programmes scolaires.
«Papa est au travail, maman à la cuisine»
Les manuels scolaires de l'enseignement primaire renvoient l'image d'une femme entièrement dévouée à sa famille et aux tâches domestiques. Dans une étude réalisée par Kheira Maïni, enseignante à l'université d'Alger et docteur en sciences de l'éducation intitulée «Genre et stéréotypes de sexe. Femmes et hommes dans les manuels de lecture de l'école primaire en Algérie», il est fait mention de l'image obsolète de la femme que véhiculent les manuels scolaires et qui, à terme, perpétue les stéréotypes et renforce le sexisme dans le pays. Textes et illustrations montrent qu'elle est destinée de façon privilégiée aux tâches ménagères.
Dans les cas où la femme occuperait une fonction salariée, elle est appelée par la profession qu'elle exerce: infirmière, policière, institutrice...
Pire encore, Farida Lakhdar-Barka, ayant menée une enquête sur la «représentation du personnage féminin dans le manuel d'Anglais en Algérie», craint une «éclipse totale» de la gent féminine dans les livres destinés aux élèves. « En l'espace de deux décennies (1987-2007), écrit-elle, la représentation du personnage féminin dans les manuels d'anglais algériens destinés à la classe de 3e année secondaire (Terminale) s'est considérablement réduite, ne reflétant ni la réalité sociale, ni les objectifs de la réforme du système éducatif».
Un discours religieux ambivalent
L'éducation islamique accompagne l'élève algérien tout au long de son parcours scolaire sous deux appellations : «éducation islamique» dans l'enseignement primaire et moyen et «sciences islamiques» au niveau secondaire.
Si, au primaire, les manuels se contentent de rappeler des valeurs telles que le respect des parents ou la déférence envers les personnes âgées, ils prennent un tout autre ton au secondaire se mêlant de droits de l'Homme, de vie économique et politique, d'écologie et d'art. Djilali El-Mestari s'interroge dans une étude autour des manuels scolaires sur un nouveau discours idéologique qu'il juge «ambivalent» et «ambigu».
Fait inédit : l'un des chapitres — de la 2ème année secondaire (p.118) — évoque la question de l'extrémisme religieux et de son impact sur la société et la pensée religieuse elle-même. Ainsi un paragraphe du chapitre intitulé «Le danger de l'extrémisme sur la croyance et la société» précise : «L'islam rejette l'extrémisme et le considère comme une déviance et un moyen d'affaiblissement de la société musulmane, notamment du lien social et de l'organisation politique». D'un autre côté, les trois manuels des «sciences islamiques» donnent l'image, d'après Djilali El-Mestari, d'une religion holiste, qui réglemente non seulement la vie privée mais également la vie économique et sociale ainsi que les pratiques culturelles.
En prônant l'idée que la religion peut interférer dans toutes les questions (problèmes individuels, familiaux, économiques et politiques), les confectionneurs des manuels renforcent un discours idéologique du religieux qui ne permet pas à l'apprenant de faire la distinction entre la religion comme foi et son instrumentalisation idéologique «Le discours des manuels scolaires algériens d'éducation religieuse est ainsi fidèle à l'esprit «salafiste» (réformisme prônant le retour aux sources premières), malgré l'absence d'extraits d'ouvrages de réformistes musulmans, en dehors de l'article de Ben Badis dans le manuel de 3e année secondaire», tranche El-Mestari.
Ils vont, analyse-t-il, jusqu'à présenter la religion comme étroitement liée à la réalité sociale actuelle et interagissant avec les problèmes posés aujourd'hui à l'échelle mondiale : «Le travail et la production dans l'islam et le problème du chômage» (p.40) du manuel de 1re année secondaire. «Les Droits de l'Homme dans les relations publiques et le droit international» signale les progrès liés à la Déclaration universelle des Droits de l'Homme de 1948, tout en soulignant que «l'islam connaît tous ces droits depuis plus de 1400 ans» (p.162). Les cours de sciences islamiques tiennent à la fois un discours tolérant («L'islam et les religions monothéistes», «L'Islam et la coexistence pacifique», «La reconnaissance du pluralisme culturel, politique et religieux») et des propos incendiaires («l'invasion culturelle et ses dangers pour les sociétés» (2e A.S), «L'on traite des questions d'actualité en utilisant des versets coraniques ou des paroles du Prophète, sans tenir compte des contextes de leur énoncé et ce, pour justifier l'image d'un islam en mesure de régler les problèmes actuels», peut-on lire dans l'étude en question. Il est à noter, par ailleurs, le traitement du courant ibadite, présenté comme une école de jurisprudence et non comme une doctrine théologique 2e A.S p.84). Le soufisme, pourtant ancré dans la société algérienne, n'a pas non plus la place qui lui est due dans les livres scolaires. «Ces caractéristiques, conclut Djilali El-Mestari, sont dues aux mécanismes de défense des valeurs religieuses contre un ennemi supposé comme le démontrent les titres et les contenus des différents chapitres des manuels».
Histoire : des mensonges et des non-dits
L'histoire, dit-on, est comme «un miroir magique» où chaque génération recherche sa propre image. Les manuels scolaires renvoient celle d'une société malade de son passé. Sans doute, comme le souligne l'historien et sociologue, l'Histoire de l'Algérie est encore trop récente Dans une étude autour de «L'enseignement de la Guerre de libération nationale (1954-1962), dans les anciens et nouveaux manuels algériens», Hassan Remaoun note quelques changements perceptibles qui permettent d'espérer un traitement plus objectif de l'Histoire dans les décennies à venir.
Les élèves (en 9e AM) ont droit, d'après Remaoun, pour la première fois, à une présentation «positive» des biographies de Messali Hadj ainsi que de Ferhat Abbas et des noms de dirigeants du FLN ayant survécu à la guerre et jusque-là tabous comme c'est le cas pour Mohamed Boudiaf, Rabah Bitat, Krim Belkcacem, Aït Ahmed, Ben Bella, Khider, Benkhedda, Boussouf et Ouamrane avec, en prime, une photographie représentant la délégation algérienne aux négociations d'Evian (mais sans les noms !).
«Si la photographie de Abane Ramdane, par exemple, apparaît trois fois dans le manuel de 4e AM (à l'occasion du Congrès de la Soummam en août 1956 ou comme membre des deux Comités de coordination et d'exécution CCE, qui se sont succédé entre 1955 et 1956), son nom n'est cité nulle part. C'est déjà mieux que dans l'ancien manuel de 5e AF dans lequel, on annonçait qu'il était tombé en «martyr» à la frontière marocaine alors qu'il avait été exécuté par ses propres camarades en décembre 1957», souligne Remaoun. En revanche aucune référence n'est faite non plus à propos des «porteurs de valise», ces Européens qui ont soutenu le FLN.
Bouteflika Superstar
Contrairement aux anciens manuels scolaires dans lequel Abdelaziz Bouteflika n'était cité nulle part (mis à part une brève intrusion en Histoire au sujet d'un discours prononcé en 1974 sur le non- alignement), le président occupe désormais une place de choix dans les livres scolaires. La Commission nationale des programme pousse l'outrecuidance jusqu'à insérer la photo du président en couverture des manuels (éducation civique 3ème AM). Le locataire d'El Mouradia est parfois cité là où on ne l'attend pas, à l'exemple d'un manuel de «sciences islamiques» du secondaire qui inclut dans ses dernières pages l'extrait d'un discours du Président lors d'un colloque sur la pensée islamique intitulé «Nécessité de l'innovation dans l'Islam».


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