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A Monsieur Barack Hussein Obama, président des Etats-Unis
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Monsieur le Président,
Le 17 avril prochain, le peuple algérien devra élire son nouveau Président. Il attend beaucoup de cette élection car, à l'instar des autres peuples, il veut être libre de son destin. Un obstacle risque cependant d'empêcher la réalisation de ce rêve, car le régime d'un autre âge qui le gouverne depuis longtemps refuse de reconnaître que l'Algérie a changé, que le monde a changé. Après avoir truqué toutes les élections qu'il a organisées, il s'apprête de nouveau à truquer la prochaine élection présidentielle.
Une élection que les Algériennes et les Algériens attendaient avec impatience pour exprimer à leur tour, mais pacifiquement, leur attachement aux valeurs démocratiques et leur volonté de s'ouvrir sur le monde.
Il y a 23 ans, l'Algérie a connu ses premières élections législatives que j'ai vécues, en tant que membre du gouvernement qui les avait organisées, et qui ont été interrompues entre les deux tours du scrutin. Il s'en est suivi une affreuse guerre civile, un étouffement sans précédent des libertés et une régression économique et sociale qui ont coûté très cher au pays. Aujourd'hui, tous les courants de la société algérienne ont choisi de tourner la page, conscients que le mode de gestion autoritaire a d'autant moins d'avenir que les centaines de milliards de dollars tirés des exportations de pétrole et de gaz sont en train d'être dissipés par une gestion hasardeuse et clientéliste, qui laisse de surcroît intacts les problèmes économiques et sociaux dont souffre le pays, en particulier le chômage qui frappe un jeune sur quatre.
La plupart des experts algériens mettent en garde, par ailleurs, contre les risques liés à l'épuisement de la rente pétrolière à plus ou moins bref délai, par suite de la conjonction probable de plusieurs chocs internes et externes, tels que l'augmentation très rapide de la consommation interne d'énergie et de carburants, le tassement de la production de pétrole et de gaz et la baisse possible des prix du pétrole. En l'absence d'un changement radical du mode de gouvernance, qui est précisément l'enjeu de la prochaine élection, les équilibres financiers du pays connaîtront, au terme du prochain mandat présidentiel (2019), une détérioration telle que le pays risque de ne même plus pouvoir nourrir sa population, qui se sera accrue entre temps de 4 millions d'âmes. C'est que les hydrocarbures représentent 98% des exportations, près de 50% du PIB et les trois quarts des rentrées fiscales directes et indirectes.
Cette situation sera d'une conséquence incalculable non seulement pour la sécurité intérieure du pays, mais aussi pour toute la région Sud et Nord méditerranéenne car l'Algérie, de par sa position géographique et ses liens multiformes avec l'Europe, est un «Etat-clé». Sa faillite éventuelle rejaillira négativement sur tous ses voisins, du Sud comme du Nord. Pour cette raison, l'Europe, l'ONU et les grandes nations démocratiques doivent encourager, sans tarder, l'avènement d'un régime démocratique en Algérie. C'est d'une urgence absolue. A trop attendre, on risque de ne plus pouvoir agir. La crédibilité de l'Europe, en particulier, dépendra de sa capacité à saisir l'importance de l'enjeu démocratique dans la construction d'un espace euroméditerranéen producteur de paix et de prospérité partagées. L'Europe doit comprendre que la persistance de dictatures d'un autre âge qui sévissent au sud de la Méditerranée, de l'Atlantique au Golfe persique, est une source de déstabilisation pour toute la région euroméditerranéen.
La communauté internationale a les moyens de faire respecter le choix que les Algériens feront le 17 avril 2014. Le mécanisme de la fraude a commencé, déjà visible à travers les immenses moyens d'Etat que les tenants du pouvoir utilisent de manière illégale : le vote des militaires dans les casernes, la non-révision volontaire du fichier électoral, le bourrage des urnes et l'achat de voix grâce à des financements massifs de milieux mafieux. La disproportion des moyens et la partialité de l'administration, avec un gouvernement entré en campagne en faveur du Président, au mépris de la loi, sont flagrantes et nul ne voit comment la fraude pourra être empêchée.
Le peuple ne se fait aucune illusion sur la détermination des dirigeants à rester au pouvoir coûte que coûte. Des dirigeants qui n'ont pas hésité à violer la Constitution en 2008, qui limitait le nombre de mandats à deux et qui s'apprêtent à faire réélire Abdelaziz Bouteflika une quatrième fois, alors que son état de santé le lui permet plus d'assumer ses fonctions.
Le peuple algérien se prépare donc à assumer ses responsabilités en descendant dans la rue, au lendemain du scrutin, pour exprimer pacifiquement son attachement à l'alternance politique. Les craintes sont vives, cependant, que de grandes manifestations de masse ne conduisent à des dérapages dont nul ne pourra prédire l'étendue.
Les grands pays démocratiques partenaires de notre pays doivent, eux aussi, assumer leur responsabilité à cet égard en mettant en garde le pouvoir en place contre ses tentatives de fausser le scrutin. Si la fraude a quand même lieu, ils devront la condamner avec la plus grande fermeté et exercer toutes les pressions compatibles avec le droit international pour contraindre les dirigeants fraudeurs à quitter le pouvoir. Parmi les pressions à caractère dissuasif qui peuvent être rapidement décidées dans un cadre bilatéral ou multilatéral, il y a l'interdiction de voyager pour les dirigeants et leurs familles ainsi que le gel de leurs avoirs.
Ce type de solidarité active, en amont des conflits internes, est à privilégier car pouvant éviter à la communauté internationale d'avoir à intervenir «à chaud» pour empêcher que ces conflits ne se transforment en guerres civiles susceptibles de déborder de leur cadre national. Il est préférable aux interventions militaires décidées après coup, qui sont souvent un remède pire que le mal lui même. La déstabilisation d'un pays par un pouvoir dictatorial a toujours été source de désordre international. Aucun pays ne devrait s'abriter derrière la raison d'Etat quand les dirigeants d'un pays quelconque violent délibérément les droits politiques de leurs citoyens, droits consacrés par de nombreuses chartes et conventions internationales.
Il ne s'agit pas d'ingérence, mais de responsabilité à assumer dans la défense de valeurs et d'intérêts communs, dans une planète qui rétrécit chaque jour davantage, imposant à tous les pays de nouvelles règles de vie et de solidarité.
Monsieur le Président,
Vos hautes responsabilités vous commandent d'agir sans tarder. En empêchant la fraude annoncée en Algérie, vous servirez la cause des valeurs que vous incarnez.
Vous servirez aussi la cause de la paix dans une région du monde qui en a bien besoin. Le peuple algérien vous en sera reconnaissant.
Alger, le 30 mars 2014


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