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Bouteflika s'en lave les mains
Discours critique du président devant le gouvernement et les walis
Publié dans El Watan le 27 - 06 - 2006

Difficile de qualifier l'intervention du président Bouteflika devant les walis ! Vue sous un certain angle, l'allocution du président ressemble fort bien à un discours d'investiture.
Elle nous rappelle étrangement le constat - le même - fait par Bouteflika en prenant ses fonctions durant son premier mandat et en entamant son second mandat en cours. Il avait dépeint sans ménagement un pays miné par tous les maux possibles et imaginables, tombant à bras raccourci sur la gestion de ses prédécesseurs qui n'ont laissé, selon lui, après leur départ, que ruines fumantes et désespoir. Il plaça son premier mandat et le second qui n'est qu'une copie conforme d'un programme d'action inachevé et contrarié par les pesanteurs du terrain sous le signe de l'espoir et du renouveau. Des chantiers seront ouverts à grand renfort de publicité, des engagements pris pour redonner le sourire aux Algériens, donner du travail aux jeunes et moins jeunes, relancer l'économie, doper les investissements étrangers, redonner confiance aux citoyens qui ne croient plus en leurs dirigeants, raviver la fibre patriotique et le sentiment nationaliste qui se sont émoussés au cours de ces dernières années. Après un premier mandat et à mi-parcours d'un second mandat, c'est le même constat que dresse Bouteflika de l'Algérie et des Algériens. Tout y passe : l'incompétence et l'immobilisme des responsables, les projets qui stagnent, l'argent injecté dont on n'entrevoit pas les résultats escomptés, les tares congénitales des Algériens présentés comme les champions de la paresse, de la triche, du manque de savoir-vivre et savoir-faire, suspectés dans leur nationalisme et leur attachement à la patrie pour ceux qui ont choisi de faire leur vie ailleurs et de prendre la nationalité du pays d'accueil, la plupart non pas par acte antinational mais pour des commodités très terre à terre, pour accéder à des droits dans le pays où ils se sont établis. La sonnette d'alarme étant tirée pour la énième fois, de nouvelles promesses sont faites en termes de relance des projets en cours et de lancement de nouveaux chantiers, des enveloppes financières conséquentes sont dégagées pour des actions spécifiques pour relever les pensions de retraite, soutenir les augmentations de salaires qu'il a confirmées devant les walis. Il eut recours au même ton de fermeté à l'égard des membres de l'Exécutif et des responsables des collectivités locales menaçant de sévir avec la plus grande vigueur à l'encontre des commis de l'Etat qui traînent les pieds, de frapper à la tête l'hydre de la corruption. Un discours déjà entendu, qui n'apporte rien de bien nouveau sauf peut-être cette fois-ci, à trois ans de la fin de son second mandat, cette confession qu'il n'a pu réprimer, reconnaissant pour la première fois que le bilan n'est pas aussi reluisant qu'il a été présenté jusqu'ici par le gouvernement et les représentants des collectivités locales, que les chiffres sur les réalisations de certains secteurs de développement sont tronqués, que les promesses faites n'ont pas été tenues. En un mot que sa confiance a été quelque part trahie par des hommes qu'il a lui-même choisis et par d'autres proposés ou imposés suivant les règles bien connues de la cooptation qui a toujours régi le système en place. Comment donc se retrouver dans ce tableau où se mêlent le clair-obscur, beaucoup plus l'obscur que le clair ? Serait-ce un discours d'un président qui en a trop sur le cœur, qui a désormais la nette conviction d'être trahi par les siens, de l'intérieur même du système et des hommes qu'il a placés dans les différentes institutions pour mettre en œuvre son programme d'action ? Si tel est le cas qu'est-ce qui aurait donc empêché Bouteflika qui jouit de larges prérogatives d'un régime présidentiel fort de nettoyer les écuries d'Augias, car à bien décoder le discours du président la mauvaise gouvernance dans les sphères d'exécution a atteint dans certaines situations le seuil de l'intolérable ? Bouteflika jouit de toutes les prérogatives puisqu'il a, au regard de la Constitution, le pouvoir de nommer et de limoger le gouvernement, de congédier les walis, de mettre fin aux missions de PDG d'entreprises publiques qui sont nommés par décret, et de sévir contre tous les commis de l'Etat qui failliraient à leurs missions. Le dernier changement de l'exécutif réduit au seul départ d'Ahmed Ouyahia restera une énigme qui n'est pas près d'être élucidée. Quelques jours plus tôt, Bouteflika tombait à bras raccourcis contre une bonne demi-douzaine de ministres accusés publiquement de lui mentir en lui présentant de faux chiffres au détour de ses visites d'inspection en prenant à témoin l'opinion via la télévision. Alors que personne ne donnait cher de la peau de ces ministres épinglés par le président, les voilà reconduits dans l'équipe gouvernementale de Abdelaziz Belkhadem ! Ce qui signifie dans l'absolu une caution et un certificat de bonne conduite à toute l'équipe gouvernementale sortante moins Ouyahia qui avait subi, pour sa part, le sort que l'on connaît. Quelques semaines plus tard Bouteflika revient à la charge avec le même regard négatif sur l'action du gouvernement et plus particulièrement de certains ministres dont celui des Travaux publics ramassé à la petite cuillère alors qu'il est connu pour être un homme de terrain et que les réalisations à l'actif de son secteur sont une réalité palpable. Le président a pourtant eu tout le temps d'apprécier la valeur des membres du gouvernement qui demeurent les mêmes à quelques rares exceptions près depuis son premier mandat et à deux années de son second mandat. Tout comme il a eu le loisir de jauger la compétence des walis à travers les nombreuses visites qui l'avaient mené aux quatre coins du pays. Au plan de l'encadrement humain il n'y a pas eu de grands bouleversements dans les institutions de l'Etat. Ce n'est pas forcément un signe de réussite si l'on se fie au bilan qui est loin, très loin des résultats escomptés dressé par le président devant les walis. Si le mal ne vient pas des responsables, des hommes chargés de la mise en œuvre du programme présidentiel, c'est qu'il s'agit alors d'un problème de choix économique et politique. La faille se situerait en amont dans les orientations stratégiques, dans le programme d'action lui-même qui serait trop ambitieux, ou qui rencontrerait de farouches résistances dans son application. Mais en tout état de cause, parce que nous évoluons dans un régime présidentiel, le premier responsable de la réussite ou de l'échec du programme d'action présidentiel, c'est Bouteflika. Il doit en assumer la responsabilité et prendre les décisions qui s'imposent pour changer les responsables qui n'auront pas été à la hauteur de leur mission et de la confiance placée en eux, et au besoin apporter les aménagements nécessaires à son programme d'action pour l'adapter aux réalités socio-économiques du pays et du monde. En s'en lavant ainsi les mains comme il l'a fait devant les walis, Bouteflika cherche à se préserver en rejetant la responsabilité de l'échec ou des insuffisances relevées sur les autres : le gouvernement, les collectivités locales... Pour quel dessein ? La réponse donnée par Bouteflika devant les walis à cette question expliquant qu'il ne souffrirait pas que demain les jeunes puissent accabler la génération de Novembre de les avoir trahis est une réponse toute politique. Comme l'est également cette lecture que font certains analystes qui croient déceler dans la sortie du président une candidature à la candidature pour un troisième mandat. Une chose est cependant sûre, c'est que son discours devant les walis est loin d'être un discours de fin de règne.

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