Certains responsables en poste depuis des années, ne sont pas pour autant parvenus à opérer des changements dans des secteurs minés par les trop nombreux dysfonctionnements. Le renouveau prôné à plusieurs niveaux n'est pas une priorité à Souk Ahras, wilaya à scandales et lieu où échouent généralement des gestionnaires qu'on prépare à la retraite, ou ceux dont le profil ou le curriculum vitae sont aux antipodes des secteurs qu'ils sont censés diriger. La crise récurrente du lait et les intoxications alimentaires n'ont pas encore effleuré les sentiments des responsables locaux, ceux des corps de sécurité inclus, pour appeler aux changements dans les services où les défaillances sont criardes. «La direction du commerce détient plus d'un moyen pour cerner l'informel et protéger le consommateur et si ce n'est pas le premier responsable du secteur qu'on doit interpeller pour synchroniser ses sorties avec d'autres partenaires, l'on ne peut qu'être heureux de manger de la viande asine ou canine», ironise un retraité de l'administration. La direction des impôts fonctionne depuis le départ à la retraite de l'ex-directeur, avec un intérimaire, rôdé, formé par son ex-responsable hiérarchique et l'on doute fort que tout ce que le personnel raconte soit plausible. «Nous croyons que l'Algérie n'est pas stérile pour maintenir un intérimaire à la tête de notre direction plus d'une année», s'insurge un syndicaliste du secteur. Le secteur de la jeunesse et des sports maintient depuis plus de six ans le même directeur malgré des résultats plutôt «sveltes» en matière de performances sportives. Voici l'une des réflexions faites par un jeune sportif de la cité Hamma Loulou : «Le secteur se distingue par le nombre record de projets et une aisance matérielle qui n'est guère ressentie par les sportifs…du béton, rien que du béton.» L'inspecteur de la fonction publique est le seul rival du DJS. Du haut de ses sept longues années à la tête de cette administration, il cumule des centaines de doléances qui mettent à nu des dizaines de procédés frauduleux, restées toutes sans écho pour relations intimes avec tous les employeurs relevant de la fonction publique mis en cause par les jeunes demandeurs d'emploi. Messaoud, un membre de la toute récente coordination pour la défense des droits des employés dans le cadre du DAIP, a annoncé un imminent bras de fer avec cette structure de contrôle, notamment une plainte collective et une série de sit-in devant son siège. «Nous venons de nous rendre compte que la non-application du barème de notation et l'utilisation des certificats de complaisance et autres qualifications lors des concours étaient protégés, voire des procédés utilisés sur recommandations des trois principaux responsables du suivi au niveau des services de la fonction publique», a-t-il déclaré. Dans les secteurs placés sous la houlette du TAJ, parti de Amar Ghoul, la situation est pire. La gare routière fonctionne avec un moniteur de musique et toutes les directions sont noyautées par de nouveaux responsables de deuxième et troisième zones, prélude à une ascension sociale certaine, en guise de prébendes après une campagne électorale où le parti de Ghoul a tout fait pour exhiber sa force de mobilisation dans une wilaya où les jeunes tournent le dos à la politique. «J'y suis (le secteur du transport) depuis plus de 20 ans sans jamais faillir à mes tâches, qu'ai-je fait pour ne pas être promu après tant d'années de fidélité au poste ? Je ne fais pas de politique et c'est mon droit», fulmine un cadre du secteur du transport lésé par les nominations de Ghoul. Des magistrats qui bouclent leur dixième année, des membres de l'exécutif mutés avec un niveau élémentaire pour être promus directeurs de wilaya à Souk Ahras (cas du secteur du tourisme) avec la bénédiction des seigneurs locaux, des promotions au sein de la caste partisane, demandées depuis Alger pour allégeance et rapports confidentiels, des inamovibles et des privilégiés de l'administration on en compte une myriade dans un Souk Ahras qui se meurt par les effets de la médiocrité, des complicités et des responsables calfeutrés à longueur d'année dans leurs bureaux à l'affût des rumeurs.