L'ex-commandant américain des forces armées en Irak, David Petraeus, s'est dit favorable à des frappes ciblées sur les djihadistes de l'EIIL qui ont déclenché une offensive en Irak et constituent, selon lui, une «armée terroriste», dans une interview hier au Daily Telegraph. «Nous devons faire attention à ne pas prendre parti si nous offrons une aide militaire. Mais la menace grandissante posée par l'EIIL (l'Etat islamique en Irak et au Levant) signifie qu'une action militaire sera nécessaire», a déclaré le général à la retraite, ancien chef de la CIA, de passage à Londres. «Nous devons réaliser que l'EIIL représente une menace non seulement pour l'Irak mais aussi pour le Royaume-Uni et d'autres pays», a-t-il poursuivi. Il a ajouté que le groupe djihadiste «semble être bien plus qu'un groupe terroriste, il semble être devenu une armée terroriste, qui a acquis de larges ressources financières par le pillage de banques et autres activités criminelles». «Si le président Obama et d'autres dirigeants concluaient que la menace de l'EIIL est importante, je soutiendrais des actions ciblant des éléments importants de l'EIIL», a encore affirmé le général Petraeus. Le président américain Barack Obama a annoncé jeudi l'envoi de conseillers militaires en Irak pour soutenir les forces de sécurité face aux djihadistes, appelant le Premier ministre, le chiite Nouri Al Maliki, au dialogue avec toutes les communautés. Il a souligné que Washington était prêt à «une action militaire ciblée et précise si et quand (...) la situation sur le terrain l'exige», mais exclut le déploiement de troupes pour combattre sur le terrain, après huit ans de guerre en Irak et près de 4500 morts. Le général Petraeus a également appelé le gouvernement irakien à «tendre la main aux Sunnites et aux Kurdes» pour résoudre les divisions. Jeudi, il avait souligné que les Etats-Unis ne devaient pas devenir «une force aérienne pour le compte des milices chiites ou pour un chiite dans son combat contre des Arabes sunnites».