L'OSN, pour marquer la clôture du 6e Festival de musique symphonique, a changé d'initiales l'espace d'une soirée. Pour la circonstance, il était devenu l'«OSI» : l'Orchestre symphonique international. Et l'on s'est bousculé au portillon du Théâtre national algérien Mahieddine Bachtarzi, à Alger, jeudi, pour voir cette classe…unique. Et pour cause ! Les deux maestros sont Autrichien et Algérien, la soprano est Suédoise, le tubiste est Syrien, les flûtistes solistes sont Algériens, au cello, c'est une Russe, le ténor est Finlandais, l'alto est Chinois… Soit 100 instrumentistes représentant neuf pays parlant le même langage. La musique. Une langue vivante, universelle, pas de bois, mais de haut... bois, cuivrée et aérienne, convoquant une prosodie, musicalement parlant, romanesque et romantique, onirique, géniale et génialissime de Vivaldi, Puccini, Dvorak, Verdi, Rosenberg, Grieg ou encore Tchaikovsky. Et ce, dans une bonne intelligence. La preuve, entre deux interludes, ils se serrent la main, se sourient, se donnent l'accolade, ou encore se taquinent, à l'instar du maestro Amine Kouider qui portera lui-même le violoncelle du chef d'orchestre autrichien Mats Rondin et le «supplantera» en s'asseyant et s'essayant à un jeu expérimental : la baguette en guise d'archet. Ce qui provoquera un rire communicatif parmi le public. Un effet gag montrant que l'ambiance était décontractée et filiale. Bons baisers d'Alger Mats Rondin animera la première partie du concert dédiée à Henri François Joseph Vieuxtemps (1820-1881) mort en Algérie, un violoniste et compositeur belge, l'un des plus célèbres du XIXe siècle, Georges Bizet, Giacomo Puccini, Giuseppe Verdi, Antonio Vivaldi, Antonin Dvorak, et Jacques Ibert. Et où brilleront les deux flûtistes solistes, Djamel Ghazi et Adel Sahnoun, qui en se donnant la réplique, ont insufflé une brise talentueuse et «vivaldienne». Un concerto pour deux flûtes et orchestre à cordes en do majeur (op.47). Ainsi que le violoniste soliste belge, Philip Koch, qui a «bluffé» son monde en jouant plus vite que la musique. Un virtuose ! C'était tellement un moment intense qu'à la fin Philip Koch embrassera le maestro Mats Rondin. Encouragements et remerciements confraternels. La soprano suédoise, Amelia Jakobsson, se surpassera avec un chant lyrique d'une grande délicatesse et grâce voire élégance en interprétant du Verdi («Si Chiamano Mimi de la Bohème»). Le ténor finlandais, Jyrki Niskanen, a évolué comme s'il était habité par ses personnages opératiques comme dans «Libiamo» issue de la «Traviata» de Giuseppe Verdi. Beaucoup d'émotion. C'est sûr, Amélia Jakobsson, une «Allumette suédoise» irradiant le premier acte, et le ténor Jyrki Niskanen ont prouvé qu'ils ont du coffre... fort. La seconde partie a été assurée par le maestro national et international, à la baguette «magique», Amine Kouider, chef d'orchestre permanent de l'OSN (Orchestre symphonique national). Arborant une redingote anthracite, il dirigera des «manœuvres orchestrales» et de surcroît fusionnelles en exécutant du Rosenberg (A small piece pour violoncelle et cordes) avec le précieux apport de Mats Rondin. Et puis, comme bouquet final, du Tchaikovsky (capriccio italien op 45). Et ce, à l'unisson et sans fausses notes. La fusion fait la force ! Amine Kouider enverra des baisers à ses musiciens. La clôture de ce festival a vu la présence de Mme Nadia Labidi, ministre de la Culture et de nombreux ambassadeurs.