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Le sida n'est plus une infection mortelle ni une maladie honteuse
Journée mondiale de la lutte contre le sida
Publié dans El Watan le 03 - 12 - 2014

«Qu'Allah nous en préserve», cette réponse type des étudiants à l'invocation de l'infection est très révélatrice.
Le sida fait encore peur. «C'est une maladie à double épreuve. On souffre d'abord du mal physique et mortel. Ensuite, et c'est plus lourd encore, du regard malveillant, inquisiteur et accusateur de la société sur le porteur du virus», s'imagine une étudiante en biologie de l'Université de Bab Ezzouar. Dimanche, au village universitaire de l'USTHB, un grand hall où des étals sont installés pour vendre des produits cosmétiques et autres, et face à un stand très prisé de vente de livres, plusieurs petits groupes de jeunes garçons et filles s'attroupent autour de jeunes filles habillées en blouses blanches.
A la veille de la Journée mondiale de la lutte contre le sida, des membres de l'association scientifique des étudiants en pharmacie d'Alger (ASEPA) se lancent dans une opération d'explication et de sensibilisation à l'endroit des étudiants de la plus grande université algérienne. «Les étudiants sont très réceptifs à nos messages. Ils sont très intéressés par les questions liées à la maladie et en parlent vraiment sans aucune restriction ni tabou», affirme une très jeune militante de l'association. «Notre objectif, c'est qu'il n'y ait aucun cas de contamination des jeunes pour l'année 2015.
On a constaté que les étudiants connaissent les risques et les facteurs de contamination, mais devant la tentation (sexuelle, ndlr), la raison est absente. En fait, il y a des jeunes qui ne savent pas, par exemple, qu'un préservatif est à usage unique ; parfois ils le réutilisent et d'autres fois ils se l'échangent entre amis», déplore Yacine, membre de l'Asepa. Rire nerveux ou gêné, certains étudiants ont quand même du mal à évoquer les modes de transmission du VIH/sida. «C'est une maladie sexuellement transmissible», résume un étudiant en troisième année informatique, une petite moue de dégoût sur les lèvres.
De l'autre côté de l'université conçue par le célèbre architecte brésilien Oscar Niemeyer sur près de 150 hectares, dans une nouvelle bâtisse baptisée «Cyber Espace», une conférence est animée par Zahra Benyahia, directrice exécutive de l'association AIDS Algérie. Dans la grande salle, une trentaine de jeunes écoutent presque religieusement les conseils et arguments de la conférencière. «Il paraît que le sida se transmet par la salive, est-ce vrai ?» interroge une étudiante en hidjab. «Selon certaines études, il faut plus de six litres de salive pour contaminer une personne. On a beau être amoureux de son conjoint, mais de là à boire une telle quantité de sa salive, je pense que c'est insensé», rétorque gaiement la conférencière en précisant que la transmission du virus se fait uniquement par les liquides biologiques : secrétions vaginales, sperme, sang et lait maternel.
Une maladie qui peut être évitée
Pour la directrice exécutive de l'ONG, actuellement tout le travail de sensibilisation doit être focalisé sur la double notion suivante : «Le VIH/sida n'est plus une infection mortelle ni une maladie honteuse». Elle axe principalement ses réponses, lors des échanges, sur l'importance du dépistage de la maladie pour les nouveaux couples pour «éliminer la transmission du VIH de la mère à l'enfant, car c'est possible. Avec les nouveaux traitements, un bébé né avec le virus peut être sauvé définitivement». Il y aurait, pour cette année, plus de 40 cas d'enfants nés avec le VIH. Très persuasive, la jeune militante assure que le sida est une «maladie bête qui peut être évitée. Et quand on est atteint du virus, avec un dépistage précoce et une bonne prise en charge médicamenteuse, on peut vivre avec cette infection plusieurs décennies. Je connais des personnes qui vivent avec depuis une trentaine d'années».
Pour ce qui est des aspects social, culturel et cultuel, elle rappelle d'abord les modes de contamination par le virus : l'acte sexuel non protégé (chez les hétérosexuels) qui représente 95% des cas enregistrés dans le pays, l'usage de drogues (seringues et inhibition de la volonté) avec 3% et la transmission mère-enfant, 2%. Ensuite, sur le sujet tabou par excellence, la sexualité, Zahra Benyahia insiste sur deux notions à proscrire : la confiance face au partenaire et la certitude que le virus ne se transmet que par l'acte sexuel. «Pour toute nouvelle alliance (mariage), le couple doit impérativement faire le test de dépistage. Chacun doit connaître sa situation, après c'est en son âme et conscience de divulguer ou pas l'information à son partenaire puisque rien ne l'y oblige. La confiance aveugle peut être fatale pour la descendance», explique-t-elle.
S'agissant du mode de transmission, elle raconte l'histoire d'un couple que l'ONG a aidé à unir les liens : «Lui, c'est un barbu (musulman pratiquant) et elle, elle porte le niqab. La femme a été infectée par une transfusion sanguine effectuée dans un hôpital à l'étranger, et l'homme a reçu le virus par un objet contondant lors de pratique de la ‘‘hidjama'' (saignée ou phlébotomie). On ne peut pas dire qu'ils soient de mauvais croyants. Eh bien, ils ont été contaminés quand même».
Selon des statistiques révélées par la conférencière, il y aurait en Algérie plus de 8900 cas de contamination par le VIH/sida. 30% sont des jeunes âgés entre 15 et 24 ans, d'où l'importance de mener ces campagnes de sensibilisation dans les établissements scolaires et universitaires. Toujours selon Zahra Benyahia, citant une étude menée par AIDS Algérie, intitulée «Etude sur les connaissances, attitudes et comportements des jeunes universitaires en matière de l'infection à VIH/sida : évaluation des actions de proximité» et menée à l'USTHB et à l'Ecole des hautes études commerciales (EHEC), avec un échantillon de près de 1800 étudiants, révèle que seuls 2,9% d'entre eux ont une connaissance parfaite sur la transmission et les moyens de protection du VIH/sida.
Mais le plus grave reste encore la problématique sociétale liée à la discrimination contre les malades. «On a fait un test auprès de la population. On a posé des questions simples et directes, du genre : si votre vendeur de légumes était séropositif ou atteint du sida, feriez-vous vos achats chez lui ? Ou encore : si un élève est atteint, laisseriez-vous votre enfant dans la même classe ? 70% des personnes interrogées ont répondu par la négative», déplore-t-elle. Le sida est une maladie transmissible, ses modes de transmission sont divers et ce n'est pas en stigmatisant les porteurs du virus qu'on évite de l'attraper. Alors, mieux vaut en connaître les tenants et les aboutissants pour éviter de subir, à son tour, la marginalisation.


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