Il n'y aura pas de relogement pendant les vacances du printemps. La promesse faite par les autorités locales, à leur tête le wali Hocine Ouadah, n'est qu'un fake. Une fausse promesse pour de vrais espoirs. Les vacances prennent fin en effet, et avec eux l'illusion fait place au désenchantement, parmi les 4000 familles constantinoises concernées. Il y en a même qui ont empaqueté leurs effets pour être parés au déménagement le jour J. Mais ce jour-là, fixé officiellement par le directeur de l'OPGI, Abdelghani Dib, pour le compte de l'exécutif, n'a pas eu lieu. Enième déception depuis que l'ex-wali, Noureddine Bedoui avait distribué «fictivement» ces appartements en signant des décisions d'attribution avant la réalisation même des logements. Cette nouvelle méthode avait eu le succès jusqu'au niveau du gouvernement qui pensa à la généraliser. Depuis, de l'eau est passée sous les ponts, les autres wilayas ont distribué des milliers de logements (plus de dix mille à Alger), et rien à Constantine. Rien si ce n'est le traitement exclusif du dossier RHP (résorption de l'habitat précaire), sur lequel s'est penchée la wilaya depuis 10 ans (depuis l'installation de Abdelmalek Boudiaf à la tête de la wilaya), au détriment de la formule classique du logement socio-locatif. Ce qui a engendré une remontée de file gigantesque dans la liste des demandeurs du logement socio-locatif et inexorablement un sentiment d'injustice alimenté par l'idée confirmée que le RHP profite aux « étrangers » (dixit Noureddine Bedoui). Hier, notre demande adressée à la daïra pour nous fournir des explications sur ce report n'a pu aboutir. Le chef de daïra, nous-a-t-on dit, était en réunion. Menace La déception de cette fois risque cependant de se transformer en menace. Le chaudron brule en effet dans la rue constantinoise, et les quartiers concernés par le relogement vibrent seulement au crépitement du feu de la vengeance. Les manifestants venus à chaque fois exprimer leur colère devant le cabinet du wali l'ont clairement signifié «S'il n'y a pas de relogement pendant les vacances du printemps, nous n'allons pas rester les mains croisés», disaient les plus sages. A la cité La Bum, théâtre de nombreuses manifestations, des graffitis marquent les murs d'immeubles et hantent la population. «Faute de relogement nous descendrons dans la rue le 16 avril.», ont écrit des jeunes du bidonville Meskine, ceux-là même qui ont bloqué le boulevard de l'ALN pendant des jours pour démontrer leur force et donner un avant-goût de ce qu'ils sont capables de faire. Le choix de la date du 16 avril n'est pas fortuit, car cela correspond à la grande kermesse du lancement de la manifestation Constantine capitale de la culture arabe 2015. De la stratégie. Et compte-tenu de l'importance de cette date et l'impératif sécuritaire auquel doit répondre l'évènement qui accueille des invités officiels, la question se pose sur la solution que réserve l'exécutif local pour éviter le dérapage. Car, à part le silence, aucun effort n'est déployé pour calmer les demandeurs et désamorcer «la bombe». Les autorités de Constantine sont-elles aveugles à ce point pour jouer avec le feu ?