Néanmoins, elle n'a pas fait long feu face aux aléas de la flambée des prix. Les jeunes candidats, rêvant de convoler en justes noces, ont vite fait de déchanter. «La cherté incontrôlée des prix pratiqués à tous les niveaux est la cause principale de cette désillusion», indiquent des personnes interrogées à Téleghma. Il n'en demeure pas moins que cette bonne, et non moins louable action, a fait son apparition dans toute la daïra de Téleghma et ses environs, il y a quelques années. Depuis, les usages du mariage ont subi un grand retour aux anciennes traditions. Et pour cause, la dot (ess'dak) a été plafonnée à 60 000 DA ainsi qu'un quintal de laine. «A partir de l'année 2010, les mœurs du mariage ont été carrément chamboulées. Dans toute la partie sud de la wilaya de Mila, à Téleghma, Oued Seguène, M'chira, et jusqu'aux confins de la wilaya d'Oum El Bouaghi (Aïn M'lila et Souk Naâmane), s'est opéré, le moins que l'on puisse dire, le retour aux anciennes traditions du mariage», nous confient des notables de la ville. L'excellente idée de fixer le prix de la dot à un seuil abordable pour permettre aux célibataires endurcis de «bâtir leur foyer» a été favorablement accueillie. En plus de la dot, de nouvelles règles allégeant les charges matérielles du mariage ont aussi été instaurées. Et pour cause, les coutumes alimentaires n'ont pas été en reste, s'agissant des plats à cuisiner. Trêve donc de prodigalité et de faste, car après une chorba (frik ou vermicelles), les convives ont droit à un succulent couscous. La «djaria» (il s'agit dans le jargon local du trousseau de la mariée), à la charge du mari, a partiellement disparu des mœurs pratiquées. Selon quelques imams, la limitation importante de cette obligation onéreuse est de nature à «alléger les dépenses inhérentes au mariage et préserver l'intimité du couple». Dans cette région du pays réputée pour être un haut lieu de «arouchia», l'on nous a affirmé que la révision à la baisse des habitudes matrimoniales a connu une grande réussite, dès lors que près de 60% des mariages sont scellés dans ce cadre. A noter qu'en fin d'après-midi, la mariée (généralement dans une robe blanche resplendissante) apparaît au milieu d'un tonitruant cortège nuptial.