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«Nous sommes dans une situation prérévolutionnaire»
Louisa Hanoune charge le chef de l'état
Publié dans El Watan le 25 - 08 - 2015

Inoxydable, Louisa Hanoune poursuit son offensive contre «la montée violente de l'oligarchie qui s'empare des leviers de pouvoirs politiques, économiques et diplomatiques».
Présidant la clôture de l'université de son parti, hier à Zéralda, la secrétaire générale du Parti des travailleurs a usé d'un discours tonitruant qui marque l'amorce d'un tournant dans la tactique de lutte de son organisation.
Désormais, la patronne du PT s'adresse au peuple et invite les militants de son parti à se «préparer pour une insurrection populaire en vue d'une rupture radicale avec le système du parti unique».
Pour Louisa Hanoune, c'est «le gouvernement lui-même qui prépare les conditions d'une explosion révolutionnaire à travers le choix d'une politique d'austérité ravageuse pour les travailleurs et les classes populaires». Mme Hanoune s'en prend vertement au chef de l'Etat l'accusant de «ne pas avoir tenu ses engagements politiques et économiques».
Pis, selon elle Bouteflika a couvert les dérives de l'oligarchie. «Seize mois après la présidentielle, le président de la république n'a pas tenu ses engagements. Son silence devant les dérives dangereuses de l'oligarchie est un signe d'approbation. Qui ne dit pas mot consent !» dégaine la secrétaire générale du PT. Estimant qu'il n'est plus «utile de s'adresser au président de la République car toutes nos interpellations n'ont pas trouvé de réponses. L'oligarchie bénéficie des garanties au plus haut sommet du pouvoir. Il y a une complicité», dénonce-t-elle.
Elle met en demeure : «Cette dérive comporte de la violence, du terrorisme, c'est un processus de dislocation. Bouteflika peut-il permettre de poursuivre ce processus mortel pour la souveraineté nationale ?» Une interrogation qui révèle tout son désespoir de voir ressurgir un sursaut à l'intérieur d'un système «obsolète devenu un danger mortel pour le pays».
Tant va la cruche à l'eau qu'elle se casse. Louisa Hanoune, qui a longtemps mis en garde contre les risques d'une insurrection, estime que le pays «n'est plus à l'abri d'une explosion révolutionnaire. Oui, c'est probable. Nous sommes dans une situation prérévolutionnaire. Il peut y avoir une accélération des événements. Il est urgent de rendre la parole au peuple», tranche-t-elle.
En s'adressant aux militants de son parti, Mme Hanoune les invite «à se tenir prêts. Nous devons être prêts pour encadrer le combat des travailleurs dans le cas où il se transforme en un processus révolutionnaire ; et au cas où les conditions politiques imposent des élections anticipées, nous devons être prêts également pour trouver des solutions nationales et parer à toute tentative d'une solution étrangère».
Et c'est dans ce sens qu'elle a appelé à «la mise en place des comités populaires pour préserver les acquis sociaux et défendre l'Algérie parce qu'elle risque de disparition en tant que nation. Il est de notre devoir en tant que parti d'aider à encadrer la mobilisation populaire en faveur d'une rupture avec le système dont la corruption et le siphonage de l'argent public sont érigés en mode de gouvernance».
Elle assume un changement dans la tactique de son parti. «Si sur le plan stratégique notre position est réaffirmée, nous avons changé de tactique. S'adresser au Président n'est plus utile, il n'y a plus de répondant. Nous devons trouver d'autres moyens de lutte», préconise-t-elle. Louisa Hanoune estime que si l'Etat ne tire pas les leçons de ce qui se passe dans le monde arabe, en Syrie notamment, «le pays connaîtra des catastrophes.
Dire que cela ne va pas nous arriver et que nous ne sommes pas concernés est une erreur. Attention, attention et attention… le front intérieur est fragile politiquement, socialement et économiquement. Il faut des réformes politiques audacieuses», avertit-elle.
La périlleuse politique d'austérité
Après un tour d'horizon de la situation internationale révélant les conséquences «désastreuses de la crise du capitalisme international comme c'est le cas en Grèce et dans bien d'autres pays», la secrétaire générale du Parti des travailleurs s'est lancée dans une critique en règle contre la politique d'austérité imposée par le gouvernement.
Crue et drue, Louisa Hanoune juge que le choix de l'austérité adopté par le gouvernement de Bouteflika «va nous mener vers la somalisation de l'Algérie». «La chute du prix du baril du pétrole peut se poursuivre, à charge pour le gouvernement de trouver des sources de financement ailleurs que dans les poches des travailleurs», menace-t-elle.
«Les travailleurs ont payé un lourd tribut durant la période de terrorisme, et du plan d'ajustement structurel. Les décisions économiques sont imposées aux travailleurs et aux couches fragiles, pendant que la générosité de l'Etat n'a pas de limites à l'égard de l'oligarchie qui bénéficie de tous les avantages, alors qu'elle est un danger pour l'Etat lui-même», peste l'égérie de la classe laborieuse. Dans son viseur, le ministre des Finances, Abderrahmane Benkhalfa et son choix de bancarisation de l'argent de l'informel.
«A écouter le ministre des Finances, on se croirait devant un expert du FMI ; ce qui l'intéresse, ce n'est pas le sort de la majorité des Algériens, mais les détenteurs de l'argent sale.
En appelant les banques à ne pas leur demander des comptes, c'est mettre en place un système de blanchiment de l'argent de la corruption, des détournements des deniers publics», écrabouille-t-elle. Le ministre de la Santé, lui non plus n'y échappe pas. Il est accusé de «démantèlement du secteur de la santé à travers un nouveau projet de loi dont la finalité est d'en finir avec la gratuité de la santé».
Pour elle, la Loi de finances complémentaire «affirme la volonté de changement dans la nature sociale de l'Etat en donnant des garanties à une minorité de prédateurs».
L'alternative ? Louisa Hanoune exige de l'Etat de «récupérer les cinq milliards de dollars prêtés au FMI, rapatrier les sommes colossales en fuite dans les paradis fiscaux, instaurer l'impôt sur la fortune comme forme de solidarité nationale, sortir de l'Accord d'association qui fait perdre à l'Etat huit milliards de dollars». Elle appelle également à «réduire drastiquement le train de vie de l'Etat».
Des mesures audacieuses qui exigent un courage politique qui visiblement fait défaut. Le Parti des travailleurs se dit en tout cas déterminé «à engager la bataille pour la défense des couches populaires» à la veille d'une rentrée sociale et politique qui s'annonce volcanique.


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