Nous ne voulons pas être trop pessimistes, ni continuer à nous acharner sur ceux qui ont assumé la responsabilité du service philatélique dans des conditions difficiles, en focalisant sur des périodes de turbulences dans l'histoire du timbre algérien. Comme un mauvais souvenir pour les philatélistes, les ratages des années 1980 ont été vite oubliés. Après les sévères critiques des mordus de cette belle passion, la Poste algérienne semblait avoir bien compris le tort inadmissible causé à cette figurine, qui a toujours véhiculé la culture, l'histoire et le patrimoine algérien à travers le courrier. Il y avait toujours une raison d'espérer un bon retour. Ce fut à l'occasion d'un grand rendez-vous sportif organisé par l'Algérie, et qui n'était autre que la 17e Coupe d'Afrique des nations de football. Un événement que l'Algérie a terminé en apothéose en remportant le titre, l'unique à ce jour, et dont on gardera un meilleur souvenir grâce à un timbre réalisé par Sid Ahmed Bentounes, émis le 2/3/1990. Par contre, l'Algérie, présente aux Mondiaux de football de l'Espagne en 1982 et du Mexique en 1986, n'ira pas au Mondial italien de 1990, après une amère élimination contre l'Egypte. L'événement figurera quand même sur deux vignettes sorties en mai 1990. Même si les timbres algériens étaient encore marqués par les éternelles célébrations durant cette décennie, les philatélistes nationaux noteront avec satisfaction une production remarquable de sujets liés à la nature, où il y avait des vignettes de fleurs et de papillons à profusion. Mais les perles de toutes les émissions sorties dans les années 1990 demeurent, sans aucune concurrence, l'œuvre de la maison helvétique Courvoisier. Cette dernière a réalisé avec brio les deux belles séries des papillons (1991 et 1996) dessinées par Kamreddine Krim, celle des bijoux des Touareg (pendentifs, parure pectorale, clé de voile, bracelets et bagues) de Tahar Boukeroui (1991), et les émissions de monnaies anciennes (numide, zianide, almohade, Mohammadia de l'Emir Abdelkader) de 1992, mais surtout les magnifiques fleurs d'arbres fruitiers, les fleurs (dahlias, zinnias et lilas) et les orchidées dessinées sur timbres par Sid Ahmed Bentounes en 1993, 1995 et 1998. Tous ces timbres sont toujours les mieux cotés à l'étranger jusqu'à ce jour. La Poste algérienne a même montré qu'elle est capable de fournir de belles émissions avec les moyens locaux, surtout que l'imprimerie de la Banque Centrale a grandement amélioré ses performances. Les prouesses «exceptionnelles» de cette dernière se sont vérifiées dans l'émission de la poterie de 1995, réalisée par Sid Ahmed Bentounes, dans celle des cours intérieures des demeures d'Alger dessinée par Ali Kerbouche, parue en 1996 et celle de l'artisanat targui de la même année, œuvre de Kamreddine Krim. L'année 1997 sera l'une des plus prospères, avec les séries sur les fleurs et les tissages, avec la sortie de deux émissions inédites sur les phares d'Algérie et les coquillages, devenues des thématiques originales dans le catalogue philatélique algérien. Mais au lieu de faire confiance à cette belle lancée de l'imprimerie de la Banque Centrale, la Poste algérienne optera une nouvelle fois (qui sera la dernière) pour la maison Courvoisier en vue de célébrer, le 15/4/2000, le premier anniversaire de la Concorde civile. Une façon de faire plaisir au président Bouteflika. Sid Ahmed Bentounes se chargera de réaliser cinq timbres «très généreux», reprenant tous les mêmes thèmes, slogans, fonds et couleurs. Une série pour laquelle les philatélistes avertis n'ont pas vraiment été avares en critiques.