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Quelles perspectives pour les lycées techniques ?
Publié dans El Watan le 19 - 12 - 2006

La conférence nationale des lycées techniques, qui se tiendra à Alger le 23 décembre, est amenée à débattre sur l'avenir de l'enseignement technologique et technique. Elle abordera les perspectives de résistance pour contribuer à délégitimer un projet dont les objectifs sont contestés par les acteurs sur le terrain.
Sur le plan légal, le cadre ténu de la CNRSE a éludé totalement le débat démocratique sur les missions de l'école. Il a écarté les deux chambres parlementaires (APN et sénat) d'une discussion qui engage l'avenir de toute une société. Sur le plan de la professionnalisation, la logique de la sélection précoce qui attribut à la formation professionnelle une place de choix pour lutter contre la déperdition scolaire est contestée. Il s'agit plutôt d'améliorer la performance du système éducatif et l'accès aux études supérieures à un plus grand nombre d'élèves. Le processus de démantèlement des lycées techniques et l'extinction des filières techniques et technologiques va bouleverser profondément l'enseignement secondaire. Il y a une forte interdépendance entre les réformes du système éducatif introduites dans les milieux des années 1990, dans l'enseignement secondaire et la mise en œuvre d'une nouvelle rationalisation économique après l'abandon des politiques de développement, sous la pression de plus en plus forte des institutions internationales.Aujourd'hui, le désengagement de l'Etat dans l'éducation est assez net. Si les enseignants de l'enseignement public ne proposent pas une alternative au déclassement de leur position sociale dans la sphère éducative, ils seront les premiers à souffrir de ce désengagement. La réforme du système éducatif n'a pas encore de cadre légal ; la loi d'orientation scolaire n'a pas fait l'objet d'un débat citoyen. Ainsi, un secteur aussi stratégique que l'éducation touchant à la formation de générations entières est confiné dans un cadre ténu et échappe complètement au contrôle des institutions parlementaires et des citoyens. Qui alors a présidé à cette réorientation et qui contrôle ce processus de restructuration d'un secteur aussi fondamental de la société ? C'est en 2000, qu'une Commission d'experts appelée la commission nationale de refonte du système éducatif (CNRSE), installée par le président de la République après une évaluation du système a modifié profondément l'enseignement secondaire. Le décret présidentiel n° 2000-101 a fixé les missions et les attributions de la CNRSE ainsi que les membres de cette commission. Le panel d'experts, composé de 143 personnes, a remis en 2001 un rapport qui a servi de base à la refonte de tout le système éducatif. La réforme du système éducatif a été formellement endossée par un conseil des ministres qui s'est limité à la publication d'une série de décisions sans le contrôle des deux chambres parlementaires. Ce mode d'exercice du pouvoir illustre le mode de gouvernance et définie le lieu d'arbitrage des décisions. Cela a permis de contourner le débat de société sur les missions de l'école comme si la société n'avait pas la capacité de réfléchir sur les missions de l'école. Cette tendance constitue un véritable déni de démocratie. Aujourd'hui, l'ensemble de mesures décidées et leur application sont pilotées par le ministère de l'Education nationale qui à coups de circulaires tente de légitimer après coup, la refonte profonde de l'enseignement secondaire. La démarche stratégique du ministre de l'Education a consisté à lancer le processus de rénovation de l'organisation du système tout en espérant que les enseignants participeront à sa réalisation concrète. Ce processus a suscité une résistance de la part des enseignants comme c'est le cas dans l'enseignement secondaire pour plusieurs raisons :
1. Le processus de réformes du secondaire se fait en circuit fermé sans la participation des enseignants. Cela a permis d'éluder le débat sur la pertinence des objectifs de cette refonte du secondaire
2. La réforme qui exige plus de moyens didactiques, de postes budgétaires se déroule dans un processus d'austérité budgétaire.
3. Les nouvelles modalités d'approche par compétences qui auraient demandé une formation au préalable ont été appliquées sans aucune préparation.
4. Le devenir des lycées techniques, la réduction de l'offre pédagogique dans l'enseignement technologique et la sélection précoce posent le problème de la légitimité de telles mesures. C'est ainsi qu'un pan entier de l'éducation qui touche au savoir technologique risque de disparaître et prépare un tri dans la répartition des postions sociales futures dans la société.
5. De plus, des signaux négatifs tendant à une professionnalisation vers le bas ne peuvent que décourager durablement les élèves à la poursuite des études prolongées et amplifieront la déperdition scolaire.
6. L'absence de dialogue social avec les acteurs sur le terrain rend le processus de réforme extrêmement aléatoire. Il y a une forte interdépendance entre les réformes introduites dans le milieu des années 1990 de l'enseignement secondaire et la mise en œuvre d'une nouvelle rationalisation industrielle et économique après l'abandon des politiques de développement et la pression de plus en plus forte des institutions internationales (Banque mondiale, FMI). Aujourd'hui, le désengagement de l'Etat dans l'éducation est assez nette. Si les enseignants de l'enseignement public ne proposent pas une alternative au déclassement de leur position sociale dans la sphère éducative, ils seront les premiers à souffrir du désengagement de l'Etat de l'éducation. Ce constat certes très critique de la réforme du système de l'enseignement secondaire et technique ne doit cependant pas éluder les réelles déficiences auxquelles sont confrontés l'enseignement secondaire et l'enseignement technologique. C'est pourquoi, nos propositions pour l'harmonisation du système ne bouleverseront pas le dispositif systémique mis en place en particulier dans le secondaire. Quelques aménagements essentiels apparaissent en effet nécessaires. Tout d'abord, la réintroduction des filières supprimées peut renforcer le dispositif actuel mis en place dans le LMD professionnel en cours à l'université. L'enjeu fondamental étant d'irriguer le développement économique par un investissement humain pour les deux années à venir, il est urgent de surseoir à la décision de suppression des lycées techniques, pôles de rayonnement du savoir technologique Il s'agit ensuite de revoir le système d'orientation scolaire non en fonction de la gestion des flux et des contraintes budgétaires mais au regard des motivations des élèves et de leur projet personnel. Le passage en classe supérieure en fonction de la moyenne obtenue en fin d'année en 9 années n'est pas définitive, puisque l'élève subit une nouvelle orientation en 1re année secondaire. L'accès aux filières par une orientation par défaut fait que les élèves les mieux notés sont choisis pour les filières de prestiges, les autres répartis dans des filières de relégation. Ce type d'orientation explique qu'entre 1990 et 2005, les lycées techniques recevaient contrairement au passé les élèves les moins performants dans des matières comme les maths et la physique. L'enseignement technologique industriel et le laboratoire surtout ont été délaissés depuis les année 1990 : la réforme introduisant un bac professionnel a échoué et près de 28 000 élèves ont été de simples cobayes et ont payé le prix des errements du ministère de l'Education nationale. Aujourd'hui, on supprime 50% des filières technologiques porteuses sur le plan de l'insertion professionnelle, les filières qui restent (génie électrique, génie mécanique, génie des procédés et génie civil) voient leurs charges horaires en enseignement spécialisé réduites en moyenne de 50% et on passe dans chaque filière de 6 unités d'enseignement à une seule. L'enseignement technologique devient une matière. Avec la baisse des effectifs dans les filières technologiques et avec la disparition programmée des premières techniques d'adaptation, les élèves orientés par défaut dans les lycées techniques sont de plus en plus faibles avec des chances de réussite diverses, mais bien souvent limitées, parce que l'enseignement technologique n'ouvrent pas toutes les portes à l'université. Alors quelle place dans l'avenir pour l'enseignement technologique en second cycle ? Avec quels élèves ? Avec quelle(s) perspective(s) : insertion ? Licence professionnelle ? Enfin, il faut rappeler que ce n'est pas malheureusement le secteur de la formation professionnelle qui compensera la demande en investissements humains hautement qualifiés dont a besoin notre pays. La conférence nationale des lycées techniques sera un espace de débat et d'initiatives pour sauver l'enseignement technologique et réhabiliter la fonction de technicien professionnel, de l'ingénieur et du polytechnicien.
L'auteur est SG du CLA


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