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Déportés algériens de la Nouvelle-Caledonie
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Publié dans El Watan le 20 - 08 - 2007

Depuis 1873, suite aux différentes révoltes, environ 1500 Algériens ont été déportés en Nouvelle-Calédonie. L'éloignement de leur lieu et la durée de leur détention n'ont jamais entamé leur détermination. Ils sont restés attachés à leurs origines, fidèles à leurs principes et à leurs coutumes.
La photo montrant un groupe de déportés algériens prise en 1890 en Nouvelle-Calédonie est un bel exemple représentatif de leur grandeur. Des hommes en tenues traditionnelles, fiers, un regard sévère et insoumis. On reconnaît Mokrani Boumezrag assis à l'extrême droite de la photo. Leurs descendants, à la recherche de leur identité et de leurs racines, visitent de plus en plus notre pays à la rencontre de leur famille. Nous assistons depuis un certain nombre d'années à des visites plus ou moins actives en Algérie de descendants de déportés algériens issus des différents soulèvements contre l'occupant et en particulier celui d'El Mokrani en 1871. De part et d'autre, la joie des retrouvailles ou plutôt de la découverte entre familles a été intense. Beaucoup de nos citoyens ont exprimé une grande reconnaissance envers cette communauté restée quelque peu oubliée de notre histoire et lointaine de notre pays. Le contraste entre les départs de déportation en Nouvelle-Calédonie de leurs ancêtres et l'accueil en Algérie de leurs descendants est édifiant. Le géographe Elisée Reclus, qui séjourna à Quelern, non loin de Brest, un des lieux d'embarquement de ces déportés, raconte que dans chacune des vingt casemates, quarante hommes couchaient côte à côte sur des paillasses souillées. Les fosses d'aisance construites à proximité des casemates rendaient l'air affreusement infecte, l'odeur était nauséabonde et les conditions de vie étaient misérables. Les conditions de transport vers la Nouvelle-Calédonie, la rigueur carcérale, le déracinement culturel ainsi que le désespoir de ne plus revoir leur pays ne leur ont pas permis de laisser des écrits à ce sujet. Pour décrire ces conditions, la plupart des historiens se sont rabattus sur des témoignages faits par certains de leurs compagnons d'infortune déportés suites aux événements de la commune de Paris de 1871. L'un d'entre eux, Henri Bauër, déporté le 3 mai 1872 en Nouvelle-Calédonie, descendant non reconnu du fameux écrivain Alexandre Dumas, racontera son embarquement sur la frégate Danaé. Cette « prison roulante » constituée de cages de barreaux de fer énormes de 3,5 m de large environ, de 200 m de long et 1,9 m de haut. Ces cages étaient disposées de part et d'autre et les déportés étaient entassés par groupe de plusieurs personnes dans ces cages. La nourriture, déjà limitée en quantité et en qualité pour les chrétiens, fut simplement catastrophique pour les musulmans. Au regard à leur religion, ils n'ont eu droit à aucun régime de faveur, sinon de recevoir des aliments crus et de leur permettre de cuisiner eux-mêmes leurs repas. Rien d'étonnant, dans de telles conditions misérables de détention et de transport, des maladies telles que la tuberculose, l'anémie, la typhoïde et le scorbut firent des ravages au sein de la population carcérale algérienne. Selon les conditions atmosphériques, cette traversée durait jusqu'à six mois et beaucoup y laissèrent leur vie ; leurs corps furent jetés à la mer. L'engouement de ces descendants de déportés algériens à retrouver leurs racines en Algérie est manifeste. Les Algériens ont montré à leurs égards une grande sympathie et ils ont surtout exprimé leurs reconnaissances envers leurs parents et grands-parents révoltés de la première heure. Le film de Saïd Oulmi les concernant, qui est un devoir de mémoire, a beaucoup ému. Nos cimetières portent les stigmates de ces soulèvements, Boumezrag Mokrani est enterré au cimetière de Sidi M'hamed à Alger, le Cheikh Mohand Amézianne Bencheikh El Haddad et son fils Aziz sont enterrés côte à côte au cimetière de Constantine. Le père, leader de la confrérie Rahmania, est mort à la prison de Constantine, une semaine après avoir été condamné à la prison. Son fils Aziz, lui, a été condamné à la déportation en Nouvelle-Calédonie d'où il s'échappera après plusieurs années de déportation. Il décédera à Paris en face de l'actuel cimetière du Père Lachaise. Ses anciens compagnons français de déportation issus des événements de la commune de Paris cotisent pour rapatrier son corps en Algérie. Parmi ces descendants de déportés algériens, Taïeb Aïfa (dit le calife) est le plus connu en Nouvelle-Calédonie puisqu'il a été maire de la ville de Bourail. Il est aussi le plus connu en Algérie pour avoir visité notre pays à plusieurs reprises. C'est un homme politique de grande envergure fidèle à des principes et à des valeurs transmises par ses parents, il n'a jamais renié ses origines, il en tire même une fierté. Lors de la visite de travail en Nouvelle-Calédonie de Azzouz Begag, ministre français d'origine algérienne du gouvernement de De Villepin, Taïeb Aïfa, au nom de l'Association des arabes et des amis des Arabes de Nouvelle-Calédonie, a prononcé un discours de bienvenu, dont la teneur est un résumé de la vie vécue par cette communauté. Dans son discours, il cite le « mektoub » qui a tracé leur vie et celle de leur descendance. Il dit notamment, « victimes de la colonisation en Algérie, contraints dans l'exil de devenir acteurs de la colonisation en Nouvelle-Calédonie puis reconnus comme victimes de l'histoire, il n'y a qu'un seul mot pour traduire ce que nous avons vécu : mektoub, le destin. Alors aujourd'hui, quand on appelle le pays à un destin commun, quand on aspire à la constitution d'une communauté de destin, croyez bien que nous sommes prêts à y prendre toute notre part. Notre passé ne nous permet pas d'évoquer les bienfaits de la colonisation et nous n'avons pas le temps d'attendre une quelconque repentance d'où qu'elle vienne. »

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