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Tamazight entre gesticulations et création
Publié dans El Watan le 01 - 07 - 2008

J'ai eu le plaisir d'assister à une conférence donnée par M. Salhi de l'Université de Tizi Ouzou sur le thème du « Roman en tamazight » et nombre d'informations utiles ont été données par le concerné. Mais là où le débat a glissé, c'est lorsqu'un collègue, enseignant de la ville de Béjaïa, a pris la parole pour rappeler à l'assistance le désintéressement de nos enfants face à l'apprentissage de notre langue maternelle, et le conférencier a eu ces mots : « Il y a un discours de destruction qui est distillé de façon à nuire à l'enseignement de tamazight et que vous-mêmes (l'enseignant en question) servez inconsciemment ce travail de sape. »
C'est là que j'ai eu droit aussi à une salve de propos frisant l'exlusion. Ce genre de procédés est connu des petites gens qui élèvent la voix pour se faire entendre en usant de l'insulte et de l'anathème. Tamazight se porte mal Monsieur le conférencier et nos enfants fuient son apprentissage, mais il y a des raisons qui ne sont pas forcément toutes celles que vous avez évoquées. Nous allons essayer d'en parler.
1. La revendication de « tamazight langue nationale » est une cause juste, mais son introduction à l'école est une erreur qui va nous coûter cher
La reconnaissance par l'Etat algérien de tamazight comme langue nationale devait être accompagnée d'une mesure sérieuse qui serait la création d'une académie de la langue amazighe où tous les moyens conséquents auraient été mis à la disposition des vrais spécialistes de cette langue, afin de la normaliser sur tous les plans. Confier l'enseignement de notre chère langue maternelle à des enseignants, formés en 15 ou 60 jours, relève d'une soif d'arriver à décrocher un poste, puisque tamazight devenait ainsi un outil de promotion sociale. Des gens se sont improvisés enseignants, pédagogues, chercheurs, etc.
2. L'exercice de Denis Diderot
II ne faut pas sortir de l'Université de Tizi Ouzou pour aller fouiner chez les autres sur ce qu'ils ont produit de meilleur pour leurs langues pour utiliser leur savoir-faire et l'adapter à notre contexte. Denis Diderot a raisonné si simplement, qu'il a donné à la France la plus belle encyclopédie derrière celle des Anglais qu'il a jalousée. II avait réuni les plus grands savants de son époque autour de lui et durant 24 ans, les encyclopédistes ont donné à la France et à la langue française l'unique outil de son essor et de son progrès. Quant à nos « linguistes berbérophones », ils font dans la gesticulation face à des étudiants dont le niveau ne peut pas rivaliser avec celui du plus démuni des lycées du Sénégal.
3. Nous sommes les meilleurs, nous avons libéré le pays...
Tous ces comportements destructeurs nous viennent de cet atavisme amazigh qui consiste à nous prendre pour le nombril du monde, alors que nous devons rester modestes en tout. Que le lecteur en juge ! Cher lecteur kabyle, dis-moi combien de fois as-tu déjà entendu ces assertions stupides : « Ce sont les Kabyles qui ont libéré le pays », « Le Kabyle est le plus intelligent », « C'est le Kabyle qui gère tout le devenir de nos ministères », « C'est l'intelligence kabyle qui fait Hassi Messaoud », « Le Kabyle est le seul à rester rebelle à l'Etat ». Et que n'as-tu pas encore entendu cher leteur ?
4. Le destin kabyle est avec la communauté nationale
L'histoire retiendra que Bouteflika a été le seul homme qui a réparé une injustice et un déni identitaires. Bien que Boumediène soit originaire d'Ighil Ali, ma région natale (plus exactement la famille Boukharrouba est originaire du village de Bouktoun), il avait vu qu'un Islam mal compris et les langues nationales peu évoluées pouvaient constituer autant de bombes à retardement dans le corps du peuple algérien. Bouteflika a eu à gérer ces deux aspects du problème et l'Islam comme tamazight sont revenus à toute la communauté algérienne grâce à sa perspicacité et à sa clairvoyance, alors que tous les autres en ont fait des atouts de déstabilisation. Maintenant que tamazight est langue nationale, il appartient aux savants de cette langue de se rapprocher des institutions de l'Etat (présidence de la République ? Ministère de l'Education ?) pour travailler à sa promotion loin de son instrumentalisation à des fins politiques. Le destin de la Kabylie ne peut se faire en dehors de la communauté nationale ou en opposition avec l'islam et la langue arabe, car nos « faux savants » se préparent déjà à expérimenter d'autres expédients pour mieux diviser les Algériens. Les Kabyles doivent s'inscrire dans une dynamique de démocratie, ils ont le droit d'exiger leur part du développement sans mettre en danger l'unité du pays par des positions choquantes au nom de la démocratie, cette démocratie qu'ils n'ont jamais appliquée entre eux. Les événements de 2001 à 2003 nous ont montré sous nos véritables visages hideux.
5. L'Académie de la langue amazighe :
Le Président a projeté de remplacer l'actuel HCA par une Académie de la langue amazighe et c'est en son honneur s'il pouvait offrir à tous les savants algériens qui travaillent sur cette langue cet outil merveilleux qui va en finir avec ce bricolage de ces pseudo-linguistes qui battent tambour dans nos universités. Ils seront tous démasqués ces semeurs de haine qui veulent investir sur elle (sur la haine de l'autre) pour s'imposer.
Seul l'Etat algérien est à même de mettre à l'abri des aventuriers de tous bords nos valeurs communes : l'arabe, l'Islam et tamazight, en créant des instruments de leur promotion. Ceux qui veulent instrumentaliser ces valeurs attendent toujours la moindre étincelle pour s'exprimer dans la violence. C'est parce que l'Etat renie souvent ses engagements que nous craignons pour la cohésion nationale. Et nos tartuffes en islam, comme en arabe et en tamazight, n'attendent que le faux pas pour mettre en danger le devenir de tout un peuple.


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