Aujourd'hui, c'est le premier jour de la nouvelle année hégirienne pour le monde musulman. Muharram est le premier mois du calendrier musulman et l'un des mois sacrés, avec Radjeb, Dhoul El Qi'da et Dhoul Hidja. La veille de cette journée, qui marque l'entame de la nouvelle année musulmane, est célébrée dans la piété et la convialité. A Alger et ses environs, selon une vieille dame, on prépare un couscous ou une rechta au poulet, la veille. On marque la date par un repas qui sort de l'ordinaire et on l'observe le jeûne le jour de Moharam. Au niveau du Grand Sud, dans les wilayas du Sahara, à l'image d'Adrar, la veille de la nouvelle année, les fidèles se rencontrent dans les mosquées et dans les mausolées des ksour pour des séries de prières durant la nuit. Dans ces contrées, le repas se prépare la veille, avec du couscous à la viande. « Les habitants du sud sont plus enclins à se rapprocher du côté spirituel de l'événement sacré. Ils observent le jeûne en cette première journée de Muharram », explique ce professeur ayant enseigné dans le sud. A Biskra et les villes voisines, la tradition des prières dans les mosquées est encore vivace, confirme Nassima, enseignante dans la cité des Zibans. Cependant, dit-elle, « le repas diffère selon les familles. Mais on le prépare avec la première pièce de viande prélevée du mouton du sacrifice de l'Aïd. Le deuxième morceau est gardé pour le jour de Achoura. Pour ma part, je prépare la chakhchouka, alors que d'autres préfèrent le couscous. Par contre, le nouvel an musulman est célébré comme le nouvel an universel, avec des fruits secs et le fameux « trèze » ainsi que des gâteaux. On souhaite que l'année nous apporte bonheur et joie ».A Biskra, les croyants observent également le jeûne de cette première journée de Muharram. S'agissant des traditions culinaires de Achoura, elles sont identiques à celles de Awal Muharram pour les habitants des Ouacifs en Haute Kabylie. On prépare un mets à base de feuilles de pâte fines que l'on met dans une sauce rouge et sans viande, « Timeg'zert » ou bien « ahaddour tbaquit ». Le lendemain, tous les travaux de couture sont bannis. La sacralité de ce moi est telles que Dieu appelle à une trêve entre les belligérants.