Cet érudit est une figure majeure de l'histoire du mouvement mystique, dans le Touat. C'est le premier chérif Idrissite à fouler ces terres, car son arrivée se situe déjà en 1155. Il est né à Fes en 1124, où il était, tout comme Sidi Abou Madyene Chouaïb de Tlemcen, un disciple de Sidi Ali Ben Harzim qui l'a non seulement assuré de sa protection et de sa bénédiction, mais qui lui a surtout transmis le secret spirituel (Sirr). Auréolé de l'influx spirituel de son maître et de son haut lignage chérifien, son arrivée impose le respect et l'admiration. Elle reste ainsi dans la mémoire collective comme un événement majeur, dans l'histoire des oasis suscitant de multiples récits de l'hagiographie locale. Il a accompli des prodiges pour réconcilier les différentes tribus, notamment avec sa célèbre invocation : « Lehna fi chouach » (le calme en périodes de troubles). Ainsi, semble-t-il, les violences ont cessé pendant plus d'un siècle. Il a « ramené » l'une des plus grandes foggarate du Touat (Foggaret Sidi Slimane). Décédé en 1210, ses fils ont créé la première zaouia à laquelle ils ont associé une mosquée et le mausolée du Cheikh ; considéré aujourd'hui comme un lieu de dévotion, il reçoit quotidiennement la visite d'un grand nombre de gens qui viennent se recueillir devant le tombeau du saint patron du Timmi. Source fonds documentaire de la wilaya d'Adrar