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Des contes pour vaincre la peur
Ahmad Khaled Tewfiq, auteur égyptien
Publié dans Horizons le 23 - 08 - 2015

Entre contes fantastiques, essais politiques et romans sociopolitiques, Ahmad Khaled Tewfiq est l'un des écrivains les plus marquants de sa génération. Son roman « Utopia » a été traduit en français. « Je suis devenu écrivain par pur hasard. C'était, pour moi, la seule solution d'exprimer toutes les idées et réflexions qui me tourmentaient l'esprit », souligne Ahmad Khaled Tewfiq. « J'ai dû tout d'abord essayer d'imiter les nouvelles de Maxim Gorky et de Youssef Idriss. J'ai vite constaté que si je persiste sur ce chemin, je pourrai écrire moi-même des textes similaires et opter donc pour un genre ayant le vent en poupe. » Ainsi, a-t-il débuté sa carrière d'écrivain par publier des contes fantastiques. « Je lisais beaucoup de romans d'horreur pendant mon enfance, j'avais tellement peur ... ça me donnait des frissons.
Donc, à l'âge adulte, j'ai voulu écrire des contes fantastiques pour vaincre cette peur », précise Ahmad Khaled Tewfiq. En 1992, il présente son premier conte fantastique, intitulé « La Légende de Dracula et l'homme-loup », édité par Al-Moassassa Al-Arabiya Al-Hadissa (la fondation arabe moderne). D'abord, le conte a été refusé par le comité de lecture de la maison d'édition privée. Un membre de ce comité lui a même conseillé de laisser tomber l'horreur et la science-fiction, peu prisées du public égyptien. Il lui a demandé d'écrire plutôt des romans policiers traditionnels. Frustré, l'auteur avoue : « J'ai juré de tenter encore une ou deux fois de publier ce conte, et si l'échec persiste, j'abandonnerai l'écriture pour de bon ». Un autre membre de ce même comité d'édition avait un avis contraire. Et il a introduit le jeune auteur au PDG de la fondation, Hamdi Moustapha. Ce dernier s'est montré enthousiaste quant à ce genre peu fréquent dans la littérature arabe et a décidé d'en faire une série régulière, jugeant qu'elle fera la gloire de sa maison d'édition. « Généralement, on a tendance à parler de héros superpuissants et ultra-riches dans les romans de science-fiction égyptiens. Dans mes œuvres, j'ai favorisé les gens ordinaires privés de tout », indique Ahmad Khaled Tewfiq, ajoutant que les citoyens lambda vivent aussi des aventures rocambolesques. Certains estiment, en effet, que le docteur Réfaat Ismaïl, le personnage principal de la « Légende de Dracula et l'homme-loup », ressemble beaucoup à l'auteur lui-même. Tous les deux sont des médecins sarcastiques, anti-sionistes, des célibataires endurcis, assez critiques à l'égard de la femme. Ahmad Khaled Tewfiq parvient à toucher, avec son style facile et son humour, quel que soit le niveau éducatif du lecteur.
D'où le grand succès fou qui a dépassé toutes les séries du genre publiées jusqu'ici en Egypte. La maison d'édition commande d'autres contes fantastiques, et la carrière de l'auteur est toute faite. Il lance la série « Fantaisie », publiée régulièrement deux fois durant l'année, à l'occasion des vacances d'été et des vacances scolaires de la mi-année. L'héroïne de cette série est toujours une simple citoyenne égyptienne, issue de la classe moyenne : Abir Abdel-Rahman. Cette dernière se retrouve impliquée dans des affaires internationales, côtoyant tantôt le roi Henri VIII, tantôt James Bond ou Hannibal. A chacun des contes, elle fait également la rencontre d'autres personnages hors normes, qui sont influencés par les pensées de Dostoïevski et de Shakespeare. « La série ‘'Fantaisie'' me donne des possibilités sans fin. Toutes les options sont ouvertes », dit Ahmad Khaled Tewfiq. Et de poursuivre : « Je n'ai jamais vécu d'aventures extraordinaires. Je n'ai ni pris part à la conspiration contre Abraham Lincoln, ni fait partie de la résistance contre les Mongols. Je ne garde pas de cadavre chez moi à la maison et n'ai pas de faculté télépathique. Je suis quelqu'un de très simple, et je n'ai guère compris pourquoi il y a des gens qui ont la folie des grandeurs. » Sa dernière série en date, « Safari », met en scène un médecin qui atterrit dans la brousse africaine, car il n'est pas parvenu à trouver un travail décent dans son pays. Il est embauché dans un centre médical international au nom de « Safari », d'où le début d'une veine de contes d'aventures. Le docteur Alaa Abdel-Azim s'éprend d'une collègue canadienne, Bernadette Jones, se marie avec elle et donne naissance à une fille.
Dans « Ostouret Ard Al-Azaya » (la légende de la terre des lézards), l'auteur a eu recours au symbolisme pour évoquer la situation actuelle dans le monde arabe. Dans cette série, les avis politiques de l'écrivain sont plus explicites. Il se prononce clairement contre le médecin israélien, Abraham Lévy, afin de se positionner par rapport au conflit arabo-israélien et les accords de paix avec l'Etat hébreu qu'il rejette d'emblée. « Il ne faut surtout pas confondre juif et sioniste. Je ne suis aucunement antisémite. Les juifs étaient partout très bien traités durant l'âge d'or de la civilisation islamique. Ils n'ont pas été persécutés comme ce fut le cas en Europe durant le Moyen-Age », fait-il remarquer. Et d'ajouter :
« C'est absolument absurde de dire que j'écris des contes fantastiques pour faire passer mes idées et convictions politiques. Celles-ci sont, par contre, présentes en filigrane, comme dans les textes de pas mal d'écrivains. Et lorsque j'ai envie d'exprimer directement mes positions politiques, je le fais dans la presse, dans des articles d'opinion. J'ai signé également deux romans sociopolitiques jusqu'ici : « Utopia et Al-Senga » (fils aériens du tramway) », dit Ahmad Khaled Tewfiq.Utopia, publié en 2010 et traduit en plusieurs langues, se déroule dans un cadre futuriste, anticipant l'état de la société égyptienne, après l'érosion de la classe moyenne. Puis, « Al-Senga », sorti en 2014, décrit les conditions de vie dans une province égyptienne, durant les dix dernières années. D'aucuns n'ont pas manqué de comparer ces deux œuvres à la trilogie de Naguib Mahfouz.


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