Au fur et à mesure qu'approche la date du match entre l'équipe nationale de football et son homologue égyptienne, les esprits commencent à s'enfiévrer. C'est à croire que ce jour-là, le sort d'un pays se jouera au terme de quatre-vingt dix minutes. Toutes les attentes sont suspendues au résultat. Les médias des deux pays focalisent sur cette ultime rencontre qui ouvrira au vainqueur les portes du Mondial. Petites phrases assassines par- çi, insultes par-là, rien ne semble manquer à quelques journaux. Bien évidemment, ils trouvent la matière à titiller les instincts de la population pour des raisons souvent commerciales. On serait tenté de croire que cela est de bonne guerre. Sous tous les cieux, le sport mobilise les foules qui trouvent un exutoire à l'expression de l'amour de la patrie et des frustrations. Les débordements et les excès font partie de l'actualité sportive. Il faut, certes, faire la part des choses et comprendre que les médias qui veulent à tout prix voir le triomphe des leurs sont dans un rôle naturel et attendu d'eux. L'enjeu explique pour une large part l'intérêt et toute la tension qui enveloppe la confrontation. L'Algérie a hâte de revenir avec panache sur la scène footballistique après une longue traversée du désert. Une victoire est une revanche sur le mauvais sort qui s'est acharné sur le pays. Etre au Mondial est une réhabilitation dont rêve tout un pays et sa jeunesse privée de moments d'extase collective. L'Egypte, de son côté, cherche à préserver une suprématie contestée par de nouveaux prétendants. Les rencontres entre les deux adversaires même au niveau des clubs ont toujours connu de telles atmosphères. Mais cette fois- ci, le match a pris des proportions démesurées au point que les autorités des deux pays cherchent à calmer le jeu et prônent la mesure et la correction. Il n' y aura pas de guerre le 14 novembre prochain au stade du Caire. Il s'agira d'une simple rencontre de football qui se soldera par la victoire d'une équipe. Après, quel que soit le résultat, les relations entre les deux pays resteront toujours les mêmes. Elles ne datent pas d'aujourd'hui et plongent leurs racines dans un lointain passé. Les Algériens ont souvent rappelé que ce furent des Fatimides qui construisirent une partie du Caire et durant la guerre de libération, l'Egypte et son président Nasser ont apporté un soutien à l'Algérie. Les artistes égyptiens sont appréciés en Algérie et le sang algérien a été versé dans les guerres d‘agression contre l'Egypte. Un match, quel que soit son enjeu, ne peut remettre en cause de tels liens de fraternité. Une fièvre passagère et émotionnelle sera sans lendemain. Il faut savoir raison garder et placer la rencontre sur le seul terrain du sport qui avant tout est un moyen de rapprochement entre les pays et les peuples.