Résumé de la 134e partie n A leur tour, les agents de la Gestapo française et leurs compagnes passent par l'hôtel particulier du docteur Petiot… Des informateurs mettent au courant la Gestapo de l'existence d'un réseau d'évasion, le réseau Fly-Tox, animé par un certain docteur Eugène. Robert Jodkum, des services de la Gestapo, chargé de la confiscation des biens juifs, apprend que ce réseau établit aux fugitifs des passeports argentins et les fait passer en Espagne, d'où ils embarquent pour l'Amérique. Jodkum décide alors de tendre un piège à ce docteur. Il se rend au camp de Compiègne et choisit un prisonnier, un juif alsacien arrêté pour fait de résistance. Yvan Dreyfus sait qu'il est perdu, aussi tend-il attentivement l'oreille quand Jodkum lui fait sa proposition. — Vous nous aider à faire arrêter ce docteur Eugène et nous vous rendrons la liberté et vous pourrez quitter la France quand vous voudrez ! Quitter la France, avec sa femme et ses enfants, c'est pour le prisonnier une chance inespérée. Comme il est très riche et que ses biens ne lui ont pas été confisqués, il peut espérer refaire sa vie ailleurs. En fait, tout en utilisant Dreyfus comme appât, Jodkum veut aussi le dépouiller. Il prend contact avec sa femme et lui propose de libérer son époux contre la somme, faramineuse, à l'époque, de trois millions cinq cent mille francs. — Je n'ai pas cette somme, se plaint la femme — Débrouillez-vous pour vous la procurer, dit Jodkum, autrement vous ne reverrez plus votre mari ! — Je ferai tout mon possible ! Elle se «débrouille» et remet la somme. Dreyfus est aussitôt libéré. Il explique toute l'affaire à son épouse et, le lendemain, il prend contact avec Fourrier, le rabatteur du docteur Petiot. — Je me suis évadé de prison, lui dit-il, je veux quitter au plus vite la France — C'est possible, dit Fourrier — On m'a parlé du docteur Eugène et de son réseau d'évasion... Fourrier lui explique que les Allemands qui ont redoublé de vigilance rendent la tâche de plus en plus difficile aux passeurs. — On m'a dit que vous aviez des passeurs sûrs… — Oui, mais des passeurs qui prennent de gros risques et qui, par conséquent, demandent des sommes de plus en plus élevées. Et puis, il y a les frais pour l'établissement de faux papiers et de documents de voyage. — Je payerai ce que vous me demanderez ! — Alors, je vais vous mettre en contact avec le docteur Eugène... — Le plus tôt sera le mieux ! L'entrevue a lieu peu après. Alors qu'il était prévu que la police allemande intervienne aussitôt que Dreyfus rencontre Petiot, il ne se passe rien. Dreyfus a-t-il trompé intentionnellement la vigilance des Allemands, avec l'espoir de fuir ? On ne le saura jamais, car Dreyfus va disparaître sans laisser de traces. Il a dû, comme les autres victimes, se rendre à l'hôtel particulier de la rue Le Sueur, avec des objets précieux... Petiot, au cours de son procès, ne dira rien à son propos. Il a tellement liquidé de personnes, qu'il ne se souvient plus de l'histoire de chacune d'elles ! (à suivre...)