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Histoires vraies
Le silence espagnol (2e partie)
Publié dans Info Soir le 09 - 02 - 2005

Résumé de la 1re partie En 1938, au village espagnol de la Rubia, une femme prétend que son père n?a pas disparu lors de la guerre civile.
Elle ne comprend pas. Comment faire alors qu'il ne peut pas sortir de cette chambre à coucher ? Qu'il ne peut même pas s'approcher de la fenêtre, au cas où quelqu'un l'apercevrait, et qu'elle n'a jamais su s'occuper des bêtes ?
Eulogio a une idée. Il ne veut pas continuer à vivre aux crochets de sa femme, ce n'est pas digne d'un mari espagnol. Il a donc décidé de diriger la ferme depuis la chambre à coucher. Il dira à sa femme tout ce qu'elle devra faire !
Et aussi incroyable que cela puisse paraître, pendant des années, cette organisation fonctionne très bien.
Joséphina achète une vache, puis deux, et bientôt la ferme retrouve ses poules, ses lapins, ses chèvres, comme avant.
Tout cela demande du travail et du savoir-faire. Joséphina travaille, aidée par l'aîné des garçons qui grandit. Mais c'est Eulogio qui a le savoir-faire. Depuis la chambre à coucher, il téléguide sa femme et ses enfants. Il explique en détail ce qu'il faut faire et ne pas faire, quand la vache est prête à vêler.
Quand il faut discuter affaires, ou quand Joséphina doit vendre le veau, ou le beurre, si elle est embarrassée, elle dit : «Revenez demain !» Ou si la chose est urgente : «Excusez-moi, je reviens... j'ai laissé une casserole sur le feu !»
Elle se rend alors dans la chambre à coucher pour consulter Eulogio. Il réfléchit et donne sa réponse.
Personne dans le village ne se doute que l'ancien maire socialiste est bien vivant, dans la chambre de sa femme. Personne, apparemment. En tout cas, personne ne fait la moindre allusion à Joséphina. Personne ne prend un air entendu ou mystérieux. Il est bien clair, pour tout le monde, qu'Eulogio a disparu depuis 1936 !
Il y a un chien dans la ferme, qui aboie pour prévenir Eulogio de ne pas s'approcher de la fenêtre. Les enfants qui grandissent, continuent à garder le secret. Personne ne dit mot, en 1944, quand Joséphina disparaît plusieurs mois chez une cousine éloignée, laissant l'aîné des garçons s'occuper seul de la ferme. C'est normal, ils ont promis. Ce qui n'est pas normal, c'est que personne ne tourne le dos à Joséphina quand elle revient à la ferme avec un «nouveau-né» : une soi-disant petite-nièce qu'elle a adoptée.
C'est pourtant cousu de fil blanc et il est évident qu'elle est allée accoucher ailleurs et que c'est son enfant qu'elle ramène.
Comme le mari de Joséphina est officiellement disparu depuis 1936, c'est-à-dire depuis huit ans, cela veut dire, bien évidemment, qu'elle a un amant, et le village devrait trouver cela honteux. Car on ne plaisante pas, en Espagne, avec la morale, surtout avec celle des femmes !
Pourtant, personne ne dit rien. On continue dans le village à parler à Joséphina, comme si de rien n'était. Même le curé la salue, et ainsi les années passent, trente-neuf ans exactement. Trente-neuf années pendant lesquelles Eulogio ne sort pas de la chambre à coucher, sauf la nuit, et avec prudence. Les garçons ont grandi, ils se sont mariés et il a bien fallu mettre leurs épouses au courant. Elles partagent à présent le secret et se taisent, elles aussi.
Seule la dernière des enfants, Julia, née en 1944, la seule qui forcément ait été déclarée d'un père inconnu, ne se marie pas. Julia est d'ailleurs différente des garçons. C'est une fille peu communicative et aigrie prématurément. A trente et un ans, elle vit toujours à la ferme, et les discussions naissent toujours à son propos. Car Julia n'accepte pas que son père reste caché ! Elle a pour cela une simple raison, pas très belle il faut l'avouer : elle veut toucher la part de l'héritage de la ferme à laquelle elle a droit ! La ferme vient de son grand-père et elle veut toucher sa part en argent liquide. (à suivre...)


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