La dégradation accentuée de l'hygiène du milieu et l'irrégularité des campagnes d'aspersion des régions infestées ne cessent de se répercuter négativement sur la santé publique. En effet, les infections de leishmaniose ont connu ces dernières années une recrudescence sans précédent et la prise en charge des malades a coûté plus de 120 millions de dinars pour la seule année 2005, a affirmé, hier, Djamel Slimi, de la direction de la prévention au ministère de la Santé lors d'un séminaire international sur la lutte contre la leishmaniose. «Après une nette diminution dans les années 1980/1990, nous avons constaté une brusque recrudescence dès l'année 2002», a-t-il ajouté, précisant que cette maladie est passée de 8 325 cas en 1997 à 30 227 cas en 2005. Les wilayas de Biskra (8 375 cas), M'sila (4 914 cas) et Batna (2 826 cas), dépassent, à elles seules, la moitié du total national, soit 16 115 cas. La première phase du plan d'action national de lutte contre les vecteurs transmissibles et les réservoirs de parasites, entamée le 15 avril et qui prendra fin le 15 mai, ajoute le conférencier, s'est déroulée dans de bonnes conditions, en dépit de certaines carences relevées telles que l'insuffisance de produits (insecticides), les perturbations climatiques (pluie) et surtout le manque de collaboration entre les différents secteurs impliqués dans le processus. La deuxième phase est programmée du 15 août au 15 octobre. «L'objectif de ce plan d'action national est la réduction d'au moins 50 % de l'incidence des leishmanioses en Algérie», a-t-il précisé, rappelant que son incidence actuelle est de 93,75 cas pour 100 000 habitants. Selon des médecins, les symptômes de la maladie apparaissent chez l'homme plusieurs mois après qu'il eut été piqué par des insectes. «Cette situation implique que le diagnostic est souvent tardif et laisse des cicatrices indélébiles sur le malade même après sa guérison».