Résumé de la 129e partie n Le jeune prince Diadème grandit et avec lui sa beauté et son savoir. A dix-huit ans, il devient un homme qu'on évoque quotidiennement. Mais tout cela quand il avait dix-huit ans, car, lorsqu'il eut atteint l'âge d'homme, le prince Diadème devint si admirablement beau qu'il fut un exemple cité dans tous les pays musulmans, en large et en long. Aussi le nombre de ses amis et de ses intimes fut très considérable ; et tous ceux qui l'entouraient souhaitaient avec ardeur le voir enfin régner sur le royaume comme il régnait sur les cœurs. A cette époque, le prince Diadème devint très passionné de chasses et d'expéditions à travers les bois et forêts, malgré toute la terreur que ses absences continuelles inspiraient à son père et à sa mère. Et un jour il ordonna à ses esclaves d'emporter des provisions pour dix jours et il partit avec eux à la chasse à pied et à courre. Et ils marchèrent durant quatre jours pour arriver enfin à une contrée giboyeuse, couverte de forêts habitées par toutes sortes d'animaux sauvages, et arrosée par une multitude de sources et de ruisseaux. Alors le prince Diadème donna le signal de la chasse. Aussitôt on étendit le grand filet de corde autour d'un très large espace de terrain touffu ; et les rabatteurs rayonnèrent de la circonférence vers le centre, et chassèrent devant eux tous les animaux affolés, qu'ils rabattirent de la sorte vers le centre. Alors on lâcha les panthères, les chiens et les faucons à la poursuite des bêtes difficiles à rabattre. Et l'on fit ce jour-là une chasse à courre très fructueuse en gazelles et en toutes sortes de gibiers. Et ce fut une grande fête pour les panthères de chasse, les chiens et les faucons. Aussi, une fois la chasse terminée, le prince Diadème s'assit sur le bord d'une rivière pour prendre quelque repos, et divisa le gibier entre les chasseurs, et réserva la plus belle part à son père le roi Soleïman-Schah. Puis il s'endormit cette nuit-là, en cet endroit, jusqu'au matin. Or, à peine réveillés, ils virent à côté d'eux le campement d'une grande caravane qui était arrivée la nuit, et bientôt ils virent sortir des tentes et descendre faire leurs ablutions à la rivière une quantité de gens, d'esclaves noirs et de marchands. Alors le prince Diadème envoya un de ses hommes s'informer auprès de ces gens de leur pays et de leur qualité. Et le courrier revint dire au prince Diadème : «Ces gens m'ont dit : ‘'Nous sommes des marchands qui avons campé ici, attirés par le vert de cette pelouse et cette eau délicieuse qui coule. Et nous savons que nous n'avons rien à craindre ici, car nous sommes sur les terres pleines de sécurité du roi Soleïmân Schah, de qui la réputation de sagesse dans le gouvernement est connue de toutes les contrées et tranquillise tous les voyageurs. Et d'ailleurs, nous lui apportons en cadeau une grande quantité de choses belles et de valeur, surtout pour son fils, l'admirable prince Diadème !''» A ces paroles, le beau Diadème, fils du roi, répondit : «Mais par Allah, si ces marchands ont avec eux de si belles choses qu'ils me réservent, pourquoi n'irions-nous pas les chercher nous-mêmes ? Cela d'ailleurs, contribuera à nous faire passer gaiement notre matinée». Et aussitôt le prince Diadème, suivi de ses amis les chasseurs, se dirigea vers les tentes de la caravane. A suivre