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Entre tradition et modernité
Publié dans Info Soir le 23 - 11 - 2006

Désarroi n La galère sociale de la jeunesse algérienne d'aujourd'hui s'exprime et se manifeste, quotidiennement, à travers les références et conduites adaptées par celle-ci.
Elles sont 3 674 208 jeunes filles âgées de 20 ans soit 49,12% de la population juvénile, dont plus de 11% sont analphabètes.
La société algérienne a beaucoup évolué et la jeune fille d'aujourd'hui ne ressemble pratiquement en rien à celle des années 1970 et encore moins à celle des années 1960 qu'on mariait à 16 ans et qui, à 20 ans, avait des soucis d'une mère de famille. Elle est moins passive, prête à affronter chaque situation avec un esprit pratique, constructif et entreprenant. Elle manifeste une volonté certaine à accéder aux plus hauts postes de responsabilité.
Les jeunes constituent la base de toute société. La connaissance de leurs attitudes, de leurs pratiques et de leurs aspirations contribue à mieux les connaître et, par conséquent, à mieux expliquer leur galère en matière de scolarisation, d'âge du mariage, d'emploi, de pratiques socioculturelles à l'intérieur du foyer parental, de loisirs… Cependant, les conditions d'habitation et le milieu dans lequel évoluent les jeunes filles sont des facteurs qui ont une influence certaine sur leur évolution. C'est pourquoi la population juvénile rencontrée apparaît comme une véritable mosaïque, au vu des différences qu'elle a manifestées du point de vue idéologique, de conduite, de réflexion…
Force est de constater, par ailleurs, que le monde des jeunes est tiraillé entre l'envie d'être au diapason de la modernité et la peur d'enfreindre les traditions. Interrogées à ce sujet, certaines jeunes filles ont déclaré qu'«on peut tout à fait concilier les deux», alors que pour d'autres «il est impératif de se conformer aux préceptes de notre religion». Une troisième catégorie, néanmoins, reste indécise quant à la voie à suivre sans s'inspirer évidemment des préceptes ni de la religion ni de la modernité. Vivant dans un monde à part, elles n'arrivent toujours pas à se situer dans l'une des catégories de peur d'être emportées par la spirale religieuse ou par la folie d'une modernité tentaculaire.
Cet aspect paradoxal caractérisant le discours de ces jeunes filles montre, en fait, la position nuancée d'une jeunesse qui est sans cesse le témoin de ce qui ne va pas dans la société.
Autre fait marquant : l'aspiration à partir, quitter le pays pour un séjour court ou définitif est moins ressentie chez les jeunes filles que chez les garçons, si ce n'est pour suivre des études.


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