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Entretien
Les jeunes veulent leur propre "langue officielle"
Publié dans Info Soir le 11 - 07 - 2003

"Logique" L?évolution de l?utilisation du langage suit, pas à pas, celle des mutations socioéconomiques. L?Algérie ne déroge pas à la règle.
InfoSoir : Les jeunes adoptent ces dernières années un vocabulaire propre à eux. peut-on évoquer, dès lors, un phénomène sociologique ?
Mohcène Benachour (*): Pour un phénomène, c?en est un ! En effet, l?étude des foules, effectuée par le sociologue français Emile Durkheim, nous donne un petit élément de réponse : les jeunes parlent autrement, car ils veulent vivre autrement en se forgeant un caractère, une langue et des comportements propres à eux, ne laissant la porte ouverte qu?à ceux qui ont, comme eux, les mêmes caractéristiques, les mêmes problèmes et les mêmes envies. Mais avant tout, il faut se rendre à l?évidence que ce comportement est né d?une certaine répulsion du vécu quotidien. Les jeunes se sentent victimes de l?exclusion sociale, mais refusent toute forme de compromission. C?est pour cette raison qu?ils veulent former leur propre univers et donc leur propre langue qui véhicule leurs propres idées.
Autrement dit, il s?agit d?une contre-attaque?
Tout à fait. A 25, 30, 35 ans, avec rien de probant qui se profile à l?horizon, ni avenir ni ambition, les jeunes veulent trouver des échappatoires ; une bouée de sauvetage. Le nouveau vocabulaire peut représenter cette issue, car inaccessible aux anciennes générations qui, à leurs yeux, sont les premiers responsables de leur situation actuelle.
Defra, houbla, tchipa sont des mots qui ont fait le tour de l?Algérie. Pourra-t-on, un jour, les trouver dans le dictionnaire au vu de leur utilisation à grande échelle ?
Toutes les écoles de sociologie admettent aujourd?hui que la langue évolue au rythme des mutations socioéconomiques. En Algérie, comme ailleurs, les mots ont leur sens. Defra, par exemple, est une expression purement algérienne. Il faut puiser dans le subconscient collectif pour trouver pourquoi les jeunes prennent quelque chose de bien pour antik. En vérité, il s?agit d?une parodie. Le mot antik provient de «antique» et tout ce qui est antique est bon, merveilleux même. Les jeunes se permettent d?avoir une langue officielle, donc de trouver librement un lexique qui sied à leur vécu, quitte à transcender les règles immuables qui régissent la société. Mais pour que ces mots deviennent partie intégrante du dictionnaire, je pense qu?il faut attendre le passage de plusieurs générations.
Pourquoi ?
Un mot nouveau vit dans l?ambivalence de l?acceptation et du refus, selon le degré de son utilisation. Si ce mot se répand et se transmet vite à travers les générations, il a de fortes chances de se voir accepté par la communauté ; sinon, il sera automatiquement chassé du jargon. Le mot tchipa, par exemple, peut disparaître si les mutations socioéconomiques vont dans le bon sens. La croissance économique, la création d?emploi, le bien-être social sont antinomiques à la tchipa.
Donc, dans une Algérie en proie à la mal vie, ce nouveau vocable a encore de beaux jours devant lui ?
Si les jeunes continuent à payer le tribut des restructurations économiques, dont les incidences ne sont plus à présenter, ils s?efforceront, sans doute, de trouver d?autres pièces de rechange et donc de solidifier les piliers de leur ghetto. Leur langue en est une.
(*) Mohcène Benachour : sociologue, chargé de cours au département de sociologie de Bouzaréah


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