Les élèves de la classe d'alphabétisation et les stagiaires en couture et en coiffure nous ont exprimé leur refus catégorique quant à l'occupation de leurs classes par ces sinistrés. «A l'indépendance, nous n'avons pas eu l'occasion d'étudier. Et voilà que l'on vient occuper nos classes maintenant», se révolte el-Hadja Fatma, 57 ans, élève en classe d'alphabétisation. «je veux rattraper le retard de mon enfance», ajoute-t-elle. Leur enseignante, Mme Fatima, se désolera, elle aussi, d'avoir été dans l'obligation de rassembler les deux niveaux dans la même classe. «nous occupons, actuellement, la salle de couture et les stagiaires sont obligées de suivre leurs cours dehors — dans la cour de l'école que vous voyez et qui est dans un piteux état. Sidi Ghilès devrait être visitée par le Président Bouteflika en personne pour qu'elle puisse voir. Nous n'avons pas de moyens. Nous sommes des oubliés. La plupart de nos élèves sont des femmes ; elles ne viennent plus étudier à cause de la présence masculine dans l'école (les sinistrés). Nos classes sont sales, délabrées, sans électricité, sans chauffage», déplore Mme Fatima Halhal. Fadhila et Amina, âgées de 17 ans, qui suivent des cours de broderie et de coiffure nous déclarent : «nous sommes 12 jeunes filles dans un groupe et nous n'avons plus de classes pour continuer notre stage. On ne sait pas quand nos classes vont être évacuées. Les sinistrés ont chamboulé notre programme.»