La crise alimentaire qui sévit actuellement dans plusieurs pays, notamment en Afrique et en Asie, et la hausse des prix des denrées alimentaires sur les marchés mondiaux ont une origine : transformation des produits agricoles pour obtenir du carburant, une industrie très en vogue aux Etats-Unis notamment. En fait, la production de biocarburants a privé le monde de quelque 100 millions de tonnes de céréales comme le maïs et le blé qui pourraient servir à l'alimentation, a affirmé, hier, à La Havane (Cuba) le directeur général de la FAO, le Sénégalais Jacques Diouf. «La hausse des prix du pétrole» et les barrières commerciales «font qu'une proportion croissante de la production agricole se transforme en matière première compétitive pour le secteur de l'énergie», a déclaré M. Diouf lors d'une conférence à l'Université de La Havane. «Le résultat est que quelques 100 millions de tonnes de céréales sont soustraites aux marchés alimentaires pour subvenir aux besoins énergétiques», a ajouté M. Diouf en visite à Cuba afin de s'informer sur les moyens mis en place par le gouvernement de Raúl Castro face à la crise alimentaire mondiale. Il a souligné que «le marché énergétique est si important et la demande pourrait être si forte que cela pourrait modifier radicalement les systèmes agricoles traditionnels».