Le Théâtre national algérien Mahieddine Bachtarzi (TNA) accueillera, aujourd'hui à 14h, le célèbre poète engagé égyptien Ahmed Fouad Nedjm, lors de sa rencontre hebdomadaire «L'écho des plumes», dans le cadre de son programme d'action pour «El Qods, capitale de la culture arabe 2009». «Quand le soleil se noie dans une mer de brume/Quand une vague de nuit déferle sur le monde/Quand la vue s'est éteinte dans les yeux et les cœurs/Quand ton chemin se perd comme dans un labyrinthe/Toi qui erres et qui cherches et qui comprends/Tu n'as plus d'autre guide que les yeux des mots», dit Ahmed Fouad Nedjm dans ses célèbres vers révolutionnaires chantés par le non moins célèbre chanteur engagé Cheikh Imam et repris en chœur par plusieurs génération de jeunes Arabes en général et Algériens en particulier. Né en 1929, Ahmed Fouad Nedjm est surnommé en Égypte le poète des pauvres, car malgré les dix-huit années passées dans les prisons égyptiennes, il continue à dénoncer les conditions de vie de la couche la plus défavorisé de la société tout en critiquant les politiques et les prises de position des présidents égyptiens et arabes. Ami de Pablo Neruda et de Che Guevara, le poète égyptien est connu pour ses poèmes révolutionnaires et ses prises de position engagées. L'année 1962 marquera sa rencontre avec Cheikh Imam et une amitié forte liera les deux hommes qui partagent les mêmes principes du militantisme révolutionnaire par le verbe et le luth. Ils travailleront ensemble jusqu'à la mort du chanteur en 1995. Dès leurs premières œuvres communes, ils marquèrent la scène intellectuelle par un mouvement d'avant-garde à travers des poèmes et des chants qui clamaient le mal-vivre des masses populaires et le devoir de refuser l'oppression des dirigeants tout en travaillant pour des lendemains meilleurs. Ahmed Fouad Nedjm est monté d'un cran dans ses diatribes satiriques après la Nakba en 1967. Dans ses poèmes révolutionnaires, il pointait du doigt le rôle «lâche» et «minable» des présidents arabes et du président égyptien. En conséquence, il a été emprisonné de 1969 jusqu'à la fin de 1971. Puis, jusqu'en 1979, il fit plusieurs séjours en prison. Privé de sa liberté, cela ne l'empêcha pas d'exprimer sa liberté de penser et surtout d'écrire son plus beau poème engagé et militant. Ce n'est qu'en 1981 qu'il put retrouver officiellement sa liberté. En compagnie de son ami de toujours, Cheikh Imam, il quitta l'Egypte pour se rendre en France. Ils voyagèrent dans de nombreux pays où ils présentèrent une série de récitals, pour semer l'esprit de la révolte militante et le combat pour la démocratie. Aujourd'hui, si beaucoup de ses poèmes restent interdits en Egypte, les jeunes générations le découvrent grâce au Net. Plusieurs sites lui sont consacrés. Sur le blog du poète sur Facebook, en plus d'écrits récents, les passionnés de poésie engagée peuvent assouvir leur fibre militante grâce, notamment, à plusieurs vidéos, où Ahmed Fouad Nedjm explique son combat par la plume contre l'obscurantisme, les dictatures arabes et son engagement pour la démocratie et la liberté d'expression. S. A.