Quel bonheur que celui de voir son équipe nationale gagner !! C'est un véritable régal. Cela fait énormément plaisir et procure des joies indescriptibles à tout un peuple. Mais attention. Cela n'a rien changé à notre quotidien. Une fois les 90 minutes de la rencontre achevées, les supporters sont dans la rue. Ils ont explosé de joie. Nous avons tous explosé de joie. Et puis ? Rien du tout. Chacun est resté dans l'état où il était avant le match. Le Ramadhan continue de faire des siennes et les commerçants à vendre trop cher.Mais, plus sérieusement, cette nouvelle victoire a failli nous faire oublier notre situation : le sport national a toujours mal. Que l'équipe nationale gagne ou pas, l'Algérie n'est pas sortie de l'auberge, du moins au plan purement footballistique, puisque nous y sommes. Ah, si c'était vrai !!! Si ces victoires successives des Verts étaient la résultante d'une résurgence du football national. Mais c'est comme dans un beau rêve, on vit un instant de bonheur et… au réveil, il ne reste que le souvenir d'un bel instant.A voir Ziani, Meghni ou Matmour, on a tous, en effet, envie de croire que c'est vrai. Que le football algérien a enfanté une nouvelle génération de stratèges, comme il l'avait fait auparavant. Que nenni !!! Bien sûr que ces talentueux joueurs sont des enfants de l'Algérie, comme nous tous. Bien sûr qu'ils aiment leur pays. Sauf que ces footballeurs n'ont pas été formés par ce pays qu'ils chérissent. Ils sont venus -dans leur majorité- d'autres cieux où leur talent a été valorisé.Cela n'est pas une note de désespoir. C'est juste le réveil brutal d'une folle nuit de rêves. Comment ne pas avoir la gueule de bois lorsque, sitôt les internationaux repartis, on replonge dans le cauchemar d'un championnat qui n'a toujours pas de repères ; où la violence prend la place de la joie, où l'improvisation se substitue à l'organisation et où l'amateurisme et la maffia des dirigeants -des clubs notamment- prend le dessus sur le professionnalisme. Eh oui. C'est cela notre réalité. Pas autre chose. C'est cela la situation de notre football (et le sport en général). Une réalité qu'on oublie dès qu'un brin d'espoir commence à apparaître. Et pour ne plus oublier, remettons les pieds sur terre. Cela ne nous empêche pas de caresser ce rêve -toujours le même- de voir l'emblème national flotter à Johannesburg l'été 2010. A. B.