Photo : S. Zoheir Par Smaïl Boughazi La revalorisation du salaire national minimum garanti (SNMG) «s'appliquera à tout le monde». C'est ce qu'a affirmé, hier, le ministre des Finances, M. Karim Djoudi, lors de son passage à la radio nationale. Revenant sur cette décision phare de la dernière tripartite (gouvernement-syndicat-patronat), le premier argentier du pays dira que cet ajustement du SNMG «va permettre un rattrapage du pouvoir d'achat en touchant les travailleurs qui sont dans l'échelle des bas revenus et toute une gamme de retraités dont les pensions sont indexées sur le SNMG». Néanmoins, le risque qui plane d'ores et déjà sur cette augmentation reste incontestablement l'inflation qui a frôlé d'ailleurs les 6% ces dix derniers mois. Pour protéger cet acquis, le ministre a assuré que l'Etat va également intervenir pour réguler le marché pour que cette augmentation ne soit pas «asséchée» par l'inflation, assurant à cet égard que «les prix seront fixés au moyen d'une régulation des marges de bénéfice». S'agissant de l'incidence des décisions prise lors de la tripartie, Djoudi a rappelé que l'augmentation du SNMG se traduira par un impact de 90 milliards de DA sur le budget de l'Etat. Quant à la masse salariale, le ministre indiquera qu'elle est de l'ordre de 1 300 milliards de DA en 2009 et se rapprochera de 1 500 milliards de DA en 2010. Par ailleurs, Karim Djoudi ne cachera pas que cette augmentation du SNMG «a une certaine contrainte relative» sur les recettes budgétaires de l'Etat. Et c'est pourquoi, estime-t-il, il y a nécessité de conforter la production nationale et de ne pas dépendre des hydrocarbures. «Le schéma est clair, il faut créer des richesses pour les redistribuer», a-t-il estimé, en faisant observer à cet effet que l'Algérie connaît ces cinq dernières années une croissance «positive» hors hydrocarbures se rapprochant des 6%, voire plus. Elle se situera entre 9 et 10% cette année, a-t-il précisé. Pour ce qui concerne la poursuite de la prise en charge par l'Etat des allocations familiales, le ministre a souligné que cette décision a été prise pour ne pas gêner l'équilibre financier des entreprises, ajoutant que le désengagement de l'Etat se fera «graduellement». «Il faut que les entreprises qui ont les moyens puissent payer. Les modalités et le timing seront définis en fonction de l'impact sur les équilibres financiers des entreprises», a-t-il fait remarquer. Enfin, au sujet du crédit documentaire, le ministre a annoncé la tenue d'une réunion prochainement entre le ministère et le patronat dans l'objectif de trouver des facilitations qui seront accordées aux producteurs nationaux. Dans la foulée, le premier responsable du département des finances a affirmé que la loi ne sera pas modifiée. «La régulation, la transparence et la sécurité» des transactions restent les principes de base de cette démarche, a-t-il conclu.