Photo : Riad Les efforts que fournissent quotidiennement les travailleurs de Netcom dans la capitale n'engendrent que rarement des quartiers et des cités propres. L'insalubrité déborde de tous les coins. Tout le monde s'accorde à dire que les citoyens ont leur part de responsabilité dans la détérioration du cadre de vie. Les spécialistes de l'environnement disent que les spécificités qui distinguent nos cités, les unes des autres, perdent leur particularité dès qu'on évoque la question de la salubrité des lieux. A des degrés moindres, les quartiers algérois renvoient une image de saleté insupportable. Pour certaines gens, soucieuses de l'état de leur lieu de résidence, «il est difficile de ne pas attribuer la responsabilité de cette situation aux autorités locales qui s'avouent incapables de gérer les déchets et autres détritus qui transforment les artères principales de nos villes en sinistres décors». Rachid, banquier de profession et habitant pas loin du boulevard Victor Hugo, ne cache pas sa colère à l'égard des autorités. «Est-il ainsi permis d'espérer une ville propre gérée par des autorités insoucieuses de la propreté des lieux ? La responsabilité des élus locaux est indiscutable à ce niveau», s'interroge-t-il devant le lugubre décor dans lequel s'est retrouvé le quartier. «Il est difficile de se frayer un chemin pour accéder à certaines administrations au cœur de la capitale», ajoute-t-il. Ce n'est pas l'avis des responsables locaux, qui avancent l'idée selon laquelle «le comportement des populations est source de ce que sont devenues nos villes aujourd'hui». Pour un élu de l'Assemblée populaire communal de Sidi M'hamed, «le non-respect par les résidents des horaires de collecte demeure la problématique qui se posera éternellement même si disposait de tous les moyens nécessaires aux opérations de ramassage». Les autorités locales s'en lavent les mains pour endosser la responsabilité de l'insalubrité des villes et des quartiers à ce qui est appelé «l'incivisme des citoyens». Le vice-président de l'APC d'Alger-centre s'en défend en soulignant que les campagnes de sensibilisation à l'adresse du citoyen ont été à maintes fois lancées sans que cela débouche sur les résultats escomptés. Classée 138ème sur 140 villes dans le monde, Alger doit retrouver un minimum de propreté. Et à ce niveau, il y a nécessité que les autorités et les citoyens œuvrent pour un objectif commun, l'élimination de toutes les sources de nuisance à l'environnement. Trouver les mécanismes nécessaires à même de générer un ramassage efficace des déchets est l'une des prérogatives du pouvoir local. L'efficacité de tels mécanismes devrait s'articuler autour du comportement citoyen des populations, qui ont pour devoir de préserver leur propre espace.