Le baril de pétrole continuait de reculer hier matin, tombant sous les 102 dollars pour le Brent coté à Londres et touchant les 101,27 dollars, un plus bas depuis le 2 avril, alors que l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) se réunissait à Vienne. En effet, les 13 pays membres de l'Opep, réunis hier soir, devaient, selon toute vraisemblance, laisser leur production officielle inchangée. A quelques heures de la réunion, tout portait à croire qu'au sein de l'organisation, l'idée est, qu'à l'heure actuelle, et à ce niveau de prix, il n'y a aucune volonté exprimée en vue de modifier le niveau de la production. L'Arabie saoudite a déclaré hier que lors de la réunion ministérielle de l'Organisation, les ministres du Pétrole des 13 pays membres allaient décider de garder stable la production de pétrole brut, malgré leurs inquiétudes concernant la baisse rapide des prix. "Le marché est assez bien équilibré", a affirmé le ministre saoudien du Pétrole, Ali Al-Nouaïmi, en arrivant à l'aube dans la capitale autrichienne. L'Arabie saoudite représentant environ un tiers de la production de l'Opep, sa position est souvent adoptée lors des réunions ministérielles, que ce soit pour augmenter, stabiliser ou réduire la production de pétrole brut. Par conséquent, les commentaires du ministre du Pétrole, Al Nouaïmi, permettent de penser que les ministres opteront pour le statu quo. Une opinion partagée par la majorité des experts. La Libye et l'Equateur se sont prononcés en faveur du statu quo et le Nigeria a dit garder ses options "ouvertes". Même l'Iran n'a pas appelé à baisser les quotas. Cependant, Téhéran a demandé un meilleur respect des quotas, appelant les Saoudiens à résorber leur excédent de production pour empêcher un surplus de se former et les prix de chuter davantage. La quasi-totalité des pays membres a reconnu que le marché risquait d'être trop approvisionné d'ici l'hiver. "Tout le monde est d'accord sur le fait qu'il y aura un problème de surproduction de 500.000 à 1 million (de barils par jour) d'ici l'année prochaine", a affirmé M. Chakib Khelil, actuel président de l'Opep, à son arrivée à Vienne lundi. Ce surplus de production est le fait de l'Arabie saoudite qui, pour apaiser la flambée des cours, avait unilatéralement décidé de pomper 200 000 barils de plus en mai, puis annoncé en juin à Djeddah un rajout de 300.000 barils. Elle tourne aujourd'hui autour de 9,6 millions de barils par jour (mbj), alors que son quota officiel n'est que de 8,94 mbj. L'Opep devait maintenir ses quotas de production inchangés mais est parvenue à un accord pour résorber 500 000 barils par jour d'offre réelle, qui dépasse ses allocations officielles, affirme le cabinet PFC-Energy dans une note mardi. "PFC Energy a appris que les membres de l'Opep se sont en principe mis d'accord pour réduire leur production actuelle, qui dépasse les quotas officiels de production. PFC estime que l'ajustement de la production réelle pourrait atteindre 500 000 barils par jour", dit cette note. "Les Saoudiens vont retirer du marché ce supplément", avait déjà prédit Frédéric Lasserre, de la Société Générale. Vera de Ladoucette, analyste du Cera, s'attend plutôt à ce que l'Arabie ajuste sa production au fur et à mesure et si elle le juge nécessaire dans les prochaines semaines. PFC Energy et Mme de Ladoucette s'attendent aussi à la tenue d'une réunion extraordinaire d'ici six semaines pour réévaluer la situation, avant la réunion prévue à Oran en décembre.