L'Union du Maghreb arabe (UMA) a annoncé vendredi le lancement de la troisième édition du prix de la meilleure étude scientifique maghrébine sur l'amélioration de la production agricole. "La gestion des ressources naturelles pour le développement agricole dans les pays de l'UMA" est le thème choisi pour le prix de cette année. Ce prix s'inscrit dans le cadre du "plan d'action pour la décennie 2011-2020 pour la mise en œuvre de la future approche sur l'agriculture à l'horizon 2030 décidée par la commission ministérielle maghrébine chargée de la sécurité alimentaire en novembre 2010 à Alger. Selon le communiqué de l'UMA, "un prix d'encouragement important sera aussi remis aux chercheurs, académiciens et instituts de recherche agricole ". Les études scientifiques présentées pour l'obtention de ce prix doivent répondre "à la volonté commune des pays de l'UMA de trouver des mécanismes scientifiques pratiques et sophistiqués pour une meilleure gestion des ressources naturelles notamment l'eau et le sol, en vue d'améliorer la production agricole et de l'adapter aux défis induits par les changements climatiques, à travers la mise en œuvre de programmes susceptibles de mieux préserver et gérer les ressources naturelles et d'assurer leur pérennité au profit des générations futures". Le délai de réception des candidatures expirera en octobre prochain, d'autant que les conditions de candidature ont été définies sur le site Internet de l'UMA, en insistant sur "l'orientation maghrébine pour la préservation des terres vulnérables, la sélection des récoltes, les techniques agricoles possibles techniquement et lucratives financièrement et la mise en place des bases d'une utilisation rationnelle des ressources de la terre pour un développement agricole durable". Le conseil des ministres des affaires étrangères des pays de l'UMA a déjà remis le premier prix de la meilleure étude scientifique en matière de lutte contre la désertification en 2007 à deux études algérienne et tunisienne, avant d'augmenter le montant de ce prix et d'instituer trois prix, sous l'égide de l'instance maghrébine de recherche, de formation et d'orientation relevant de la commission ministérielle chargée de la sécurité alimentaire. Dans des pays où une très grande partie de la population travaille dans l'agriculture, la gestion du secteur primaire et de l'Industrie agro-alimentaire (IAA) est essentielle. Il semble alors tout à fait logique que ces pays s'associent et cherchent à organiser leurs productions, leurs échanges de produits agricoles. Malgré l'importance des secteurs agricoles au Maroc, en Algérie et en Tunisie, les échanges de produits agricoles entre ces trois pays sont très peu développés. Malgré la proximité géographique, la proportion des échanges de produits agricoles frôle le néant, en dépit des différentes discussions entre les pays du Maghreb sur l'importance de la coopération et du développement des échanges. Mais des enjeux communs aux pays du Maghreb devraient pousser les Etats à développer une gestion commune de l'agriculture. Malgré des caractéristiques agricoles qui présentent certaines différences, on retrouve dans les trois pays du nord de la Méditerranée des enjeux communs. Le premier concerne la sécurité alimentaire; la forte croissance démographique des pays du nord de l'Afrique, couplée avec des exigences croissantes des qualités nutritionnelles à mesure que ces sociétés se développent sont des facteurs de dépendance alimentaire. C'est d'autant plus vrai que la modernisation de l'agriculture maghrébine a du mal à suivre. L'enjeu est d'autant plus important que le différentiel entre importations et exportations agroalimentaires de l'Afrique du Nord s'est creusé depuis quelques dizaines d'années. La balance commerciale des échanges agricoles indique bien la situation de dépendance vis-à-vis du reste du Monde. Cette situation est préoccupante si on regarde dans le détail les produits les plus importés et les plus exportés par les pays. Les produits les plus importés sont des produits de base, élémentaires dans l'alimentation des populations. C'est donc que la sécurité alimentaire reste une problématique fondamentale dans les pays de la rive sud de la Méditerranée, et donc dans les trois pays que sont le Maroc, l'Algérie et la Tunisie. Des enjeux communs se nouent aussi dans le développement rural des pays du Maghreb. Dans les trois pays les populations rurales sont globalement les moins aisées, mis à part les grands exploitants qui se sont adaptés à une production de masse. Les récentes réformes de libéralisation des prix et des échanges dans les trois pays du Maghreb nécessitent de mettre en place un accompagnement des petites exploitations. Il faut donc renforcer à la fois la compétitivité et la solidarité des industries agricoles maghrébines.