Les prix du pétrole se renchérissaient lundi sur fond de craintes sur les approvisionnements dues à des tensions persistantes au Moyen-Orient, l'une des principales zones de production mondiales de brut.A l'image des autres places financières, les marchés pétroliers étaient fermés vendredi, en raison de la fête de Pâques. Ils devraient rouvrir ce lundi aux Etats-Unis et mardi en Europe, lundi étant un jour férié dans la plupart des pays européens. En attendant, le baril d'or noir s'appréciait dans les échanges électroniques sur les deux rives de l'Atlantique. Hier, à l'ouverture des marchés et premier jour de la semaine, vers 10h00 GMT, sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de light sweet crude pour livraison en juin gagnait 38 cents à 112,67 dollars par rapport à la clôture jeudi. A la même heure à Londres, sur l'Intercontinental Exchange, le baril de Brent de la mer du Nord à échéance identique prenait 35 cents à 124,34 dollars. Les tensions au Moyen-Orient et en Libye poussaient les cours à la hausse, les investisseurs redoutant une baisse conséquente de l'offre de brut, selon les analystes. "Les violences en Syrie et au Yémen ont redoublé ce week-end et les courtiers redoutent des perturbations dans les approvisionnements", a indiqué Ong Yi Ling, analyste chez Phillip Futures à Singapour. En Syrie, les forces de sécurité sont intervenues en nombre dans plusieurs villes syriennes, dont Deraa, berceau de la contestation dans le sud du pays, faisant de nouveaux morts et blessés. Au Yémen, neuf personnes, dont six militaires, ont été tuées dimanche dans des heurts entre des soldats et des combattants tribaux dans la province de Lahj, dans le sud. En Libye, les frappes de l'Otan ont ciblé une partie du complexe qui abrite la résidence de Kadhafi, détruisant son bureau. Ces tensions géopolitiques maintiennent la prime de risque allouée aux prix du pétrole, selon les analystes. Par ailleurs, dans le sillage des tensions qui s'accentuent dans la région du Moyen Orient et d'Afrique du Nord, la diplomatie au niveau de la région fait preuve d'une mobilisation élargie. A cet égard, l'Union africaine tentera une nouvelle fois de désamorcer la crise libyenne en organisant une réunion, lundi à Addis-Abeba, de son Comité ad hoc de haut niveau sur la Libye, en préparation de la réunion ministérielle, prévue mardi, du Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l'UA, consacrée essentiellement à la situation dans ce pays. Les membres du Comité ad hoc de l'UA, le CPS de l'UA, les pays voisins de la Libye et les partenaires internationaux, prennent part à la réunion de lundi qui s'inscrit dans le cadre des efforts de la médiation africaine dans le règlement de la crise libyenne par des moyens pacifiques. Le Comité de l'UA, qui s'était rendu récemment en Libye où il avait rencontré les protagonistes de la crise libyenne, tentera une nouvelle fois à Addis-Abeba de rapprocher les points de vue entre les belligérants en engageant des discussions avec des représentants du gouvernement libyen et avec le Conseil national de Transition (CNT, représentant les rebelles), selon un communiqué de l'Union africaine.