Les prix du pétrole progressaient, hier, en cours d'échanges européens, sur un marché prudent, soutenu par le durcissement des sanctions contre l'Iran, qui frappe plus particulièrement sa production pétrolière, mais toujours freiné par les craintes sur la crise en zone euro. A la mi-séance, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en janvier s'échangeait à 107,98 dollars sur l'Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, gagnant 1,10 dollar par rapport à la clôture de lundi. Dans les échanges électroniques sur le New York Mercantile Exchange, le baril de light sweet crude (WTI) pour la même échéance progressait de 1,43 dollar à 98,35 dollars. Les prix du pétrole ont plutôt résisté au net recul des marchés des matières premières la veille, et effaçaient, hier, leurs modestes pertes de la veille, remarquaient les experts de Commerzbank, jugeant que les risques géopolitiques donnent un coup de pouce aux cours du baril. A la suite d'un récent rapport de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) indiquant que l'Iran travaillait à la mise au point de l'arme atomique, le Canada et les Etats-Unis ont annoncé, avant-hier, un nouveau tour de vis aux sanctions internationales contre Téhéran, visant en particulier les ressources pétrolières et le secteur pétrochimique du pays. Le Royaume-Uni a annoncé la rupture de tous les liens existant entre le secteur financier britannique et les banques d'Iran, et le Canada a dit bloquer "virtuellement" toutes les transactions avec le pays. La France, elle, a notamment proposé la veille, d'interrompre les achats de pétrole iraniens pour convaincre Téhéran de renoncer à son programme nucléaire militaire. L'Iran est le deuxième producteur au sein de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et contrôle le détroit d'Ormuz, passage maritime stratégique par lequel transite 40% du trafic maritime pétrolier mondial. Un tel durcissement des sanctions devrait considérablement accentuer les tensions sur l'approvisionnement en pétrole brut du marché européen, et pousser les prix encore plus haut, tandis que la Chine, de son côté, devrait augmenter ses importations de brut iranien, que Téhéran pourrait lui céder à un prix réduit, commentaient les analystes du cabinet viennois JBC Energy. Mais en cas d'escalade des tensions, le danger est que l'Iran bloque le trafic maritime par le détroit d'Ormuz, qu'il contrôle, un passage maritime stratégique par lequel transite près de 40% du trafic maritime pétrolier mondial, soulignaient les experts de Commerzbank. D'autre part, les opérateurs surveillaient le marché américain, où étaient attendues, hier, les estimations hebdomadaires de la fédération professionnelle API sur les stocks pétroliers du pays, avant les chiffres officiels du Département américain de l'Energie (DoE) publiés, aujourd'hui. Si les chiffres publiés par le DoE montrent, comme les semaines précédentes, de nouvelles baisses significatives (dans les réserves pétrolières), cela pourrait donner un coup de pouce supplémentaire aux prix du pétrole, en rassurant le marché sur la résistance de la demande énergétique aux Etats-Unis, premier pays consommateur de brut dans le monde, notait Commerzbank. Les investisseurs restaient cependant sur leurs gardes, alors qu'aux Etats-Unis, la super-commission du Congrès chargée de réduire la dette du pays a annoncé son échec la veille, tandis que les inquiétudes sur l'aggravation des crises de dettes souveraines dans la zone euro restaient vives. En Asie le brut en hausse Le pétrole s'affichait en hausse, hier, en Asie après le durcissement des sanctions contre l'Iran et frappant plus particulièrement sa production pétrolière et pétrochimique, ont indiqué les courtiers. Le baril de "light sweet crude" pour livraison en janvier s'octroyait un cent à 96,93 dollars dans les premiers échanges électroniques. Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en janvier gagnait 12 cents à 107 USD.