Les matières premières alimentaires ont lourdement trébuché en 2011: sur l'ensemble de l'année, les prix du cacao ont abandonné quelque 30%, ceux du sucre plus de 20%, pénalisés par une offre trop abondante, seul l'arabica résistant un peu mieux avec un recul de 6%. Cacao Les prix du cacao ont nettement reculé cette semaine, toujours pénalisés par les inquiétudes sur l'abondance de la production africaine, mais aussi par les déboires de la zone euro, dans un marché sans grand volume d'échanges en période de fêtes. Le marché du cacao termine sur une note morose une année 2011 des plus ternes, dans un marché suspendu de bout en bout à la Côte d'Ivoire, le premier pays exportateur de fèves brunes (avec plus de 35% de l'offre mondiale). Les cours s'étaient ainsi envolés sur les premiers mois de l'année, alors que la guerre civile faisait rage dans le pays, atteignant près de 3.800 dollars la tonne en mars à New York, un sommet depuis 1979. Mais cet enthousiasme a fait long feu quand, malgré les conséquences du conflit, il s'est avéré que la Côte d'Ivoire allait enregistrer sur la saison 2010-11 une récolte record, dopée par des conditions météorologiques très favorables. Depuis leur sommet de mars, les prix du cacao se sont effondrés de plus de 50%, alors que la demande mondiale de cacao, pourtant robuste (et même en hausse sensible dans les pays émergents), peine à absorber l'afflux des fèves ivoiriennes qui inonde le marché. L'Organisation internationale du cacao (ICCO) évalue le surplus de production à l'échelle mondiale à 341.000 tonnes, inégalé depuis 50 ans. Une situation qui devrait perdurer en 2012, alors que le phénomène climatique La Nina devrait de nouveau favoriser des récoltes exceptionnellement élevées en Afrique de l'ouest. Sur le Liffe de Londres, la tonne de cacao pour livraison en mars valait 1355 livres lors la dernière séance de l'année, contre 1414 livres la semaine précédente. Sur le NYBoT-ICE américain, le contrat pour la même échéance valait 2076 dollars la tonne contre 2217 dollars sept jours auparavant. Sur l'ensemble de l'année, les cours ont perdu plus de 30% à Londres comme à New York. Café Le prix du robusta échangé à Londres s'est replié cette semaine, affectée par le manque d'élan des marchés financiers, tandis que l'arabica coté à New York montait légèrement, toujours tiré par les inquiétudes sur les récoltes sud-américaines -- notamment en Colombie (3e exportateur mondial de café), mises à mal par des pluies abondantes. Ces craintes ont permis au prix de l'arabica d'afficher une relative résistance en 2011, avec une baisse de seulement 6% sur l'année, alors que le robusta lâchait environ 20%. Pour les analystes de Commerzbank, "les prix devraient rester bien soutenus en 2012, étant donné le déficit de café de haute qualité et de la situation toujours difficile en Colombie", où la production colombienne a encore reculé en novembre pour le 8e mois consécutif (en baisse de 14% sur un an). Or, la consommation mondiale ne cesse de progresser (environ +2,4% en 2011), stimulée par la demande croissante des pays émergents: signe des temps, la Russie doit rejoindre en mars 2012 l'Organisation internationale du café (ICO) qui regroupe les principaux pays producteurs et consommateurs. Sur le Liffe de Londres, la tonne de robusta pour livraison en mars valait 1806 dollars cette semaine contre 1845 dollars la semaine précédente. Sur le NYBoT-ICE à New York, la livre d'arabica pour livraison en mars cotait 225,80 cents contre 220,75 cents la semaine précédente. Sucre Les cours du sucre se sont repliés cette semaine, achevant sans éclat une année durant laquelle ils ont abandonné 22% à Londres et 26% à New York, souffrant ces derniers mois d'une production de sucre en nette hausse dans les principaux pays producteurs de la planète (Inde, Thaïlande, Union européenne, Russie). Les analystes de Standard Chartered s'attendent cependant à un rebond sensible des cours en 2012, mettant en avant la nette baisse des récoltes brésiliennes et la robustesse de la demande chinoise. Sur le Liffe de Londres, la tonne de sucre blanc pour livraison en mars valait 603,30 dollars cette semaine contre 610,20 dollars une semaine auparavant. Sur le NYBoT-ICE américain, la livre de sucre brut pour livraison en mars cotait 23,22 cents contre 23,55 cents une semaine plus tôt.