Les prix du pétrole grimpaient, avant-hier, en fin d'échanges européens, dans un marché revigoré par des chiffres meilleurs que prévu de l'emploi aux Etats-Unis en juillet et par l'accès de faiblesse du dollar qui a suivi. Peu avant la clôture, le baril de Brent de la mer du Nord, échangé sur l'Intercontinental Exchange (ICE) de Londres pour livraison en septembre valait 108,81 dollars, montant de 2,91 dollars par rapport à la clôture de la veille, après avoir atteint 109,13 dollars, son niveau le plus élevé depuis plus de deux mois et demi. Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de "light sweet crude" (WTI) pour la même échéance gagnait 4,18 dollars, à 91,31 dollars. "Les prix du brut ont rebondi, avant-hier, après les pertes essuyées la veille, engrangeant de très forts gains du fait d'un affaiblissement du dollar" et un regain d'optimisme sur le marché, commentait Brenda Kelly, analyste chez CMC Markets. Le billet vert reculait, avant-hier, nettement face à l'euro, les investisseurs s'écartant de la valeur refuge qu'est le dollar pour favoriser des actifs comme les matières premières et la monnaie unique européenne, dans un regain d'optimisme alimenté par des créations d'emploi meilleures qu'attendu aux Etats-Unis en juillet. L'affaiblissement de la devise américaine rend plus attractif les achats de matières premières libellées en dollar, comme le brut, pour les investisseurs munis d'autres devises. La veille, la déception provoquée par l'absence d'annonce forte de la Banque centrale européenne (BCE) avait fait nettement reculer les cours, les investisseurs se trouvant déçu par le fait que l'institution n'annonce pas de nouvelles nouvelles mesures de soutien à la zone euro. "Quand on relève la barre, ce n'est pour passer en-dessous, mais c'est exactement ce qu'a fait la veille le président de la BCE Mario Draghi", commentait David Hufton, analyste du courtier PVM. Alors que M. Draghi avait suggéré la semaine dernière que la BCE pourrait intervenir sur les marchés obligataires, l'institution n'a annoncé la veille aucune nouvelle mesure face à l'aggravation de la crise de la dette, ce qui a fortement déçu les opérateurs et fait chuter les cours du baril à l'unisson de l'euro et des places boursières. Mercredi, la Réserve fédérale américaine (Fed) "avait déjà déçu les marchés en n'évoquant pas de nouvelle phase d'assouplissement monétaire (pour aider l'économie). Les banques centrales parlent, mais n'agissent pas" et "cela ne plaît pas aux marchés", ajoutait M. Hufton. Mais d'autres facteurs expliquent aussi la progression du Brent: "la production en mer du Nord entre en période de maintenance", réduisant l'offre pétrolière de la région et dopant les cours londoniens, estimaient les analystes de Commerzbank. En outre, "les inquiétudes sur un conflit au Moyen-Orient, avec Israël et l'Iran se préparant à une escalade des tensions, soutiennent plus particulièrement le Brent", la place londonienne étant plus sensible aux perturbations de la production au Moyen-Orient, ajoutaient-ils. "La situation au Moyen-Orient est explosive" et la démission de Kofi Annan de son poste de médiateur de l'ONU pour la Syrie "devrait alarmer encore davantage" les marchés, observait de son côté David Hufton. En Asie, les cours du pétrole se reprenaient, avant-hier matin, sur des prises de bénéfices après la forte baisse enregistrée la veille sur le marché new-yorkais déçu par l'absence de nouvelles mesures de la BCE pour répondre à la crise de la dette. Lors des échanges matinaux, le baril de "light sweet crude" (WTI) pour livraison en septembre, gagnait 23 cents à 87,36 dollars et le baril de Brent de la mer du Nord échéance septembre 31 cents à 106,21 dollars.