L'excédent courant du Japon s'est réduit de 4,3% en mars sur un an, à cause de la dépréciation du yen qui relève le coût des importations d'hydrocarbure, a annoncé, avant-hier, le ministère des Finances. La troisième puissance économique mondiale a dégagé un excédent courant de 1 251,2 milliards de yens (9,6 milliards d'euros au taux de change actuel). Sa contraction s'explique par une hausse de 3,9% de la valeur de ses importations, élevée entre autres par un renchérissement de la facture énergétique. Le Japon a certes importé un peu moins de pétrole et gaz naturel liquéfié (GNL) en mars 2013 qu'en mars 2012, mais le prix de cette énergie a augmenté à cause de la dépréciation du yen face aux monnaies contractuelles, provoquée par la politique monétaire offensive de la Banque du Japon. Le dollar s'est apprécié de 25% face au yen depuis le mois de novembre et a même dépassé, jeudi, la barre symbolique des 100 yens pour la première fois depuis quatre ans. Les comptes de l'archipel ressentent d'autant plus vigoureusement les effets de cette dévaluation de fait du yen que les compagnies d'électricité du pays doivent acheter d'importantes quantités d'hydrocarbure pour faire tourner plus vite leurs centrales thermiques. Seuls 2 réacteurs nucléaires sur 50 sont en effet exploités actuellement au Japon, les autres étant stoppés en raison de nouvelles mesures de sûreté instaurées après l'accident de Fukushima de mars 2011. Les exportations ont pour leur part stagné (+0,3%), grimpant vers les Etats-Unis mais diminuant vers l'Union européenne et la Chine. Au final, la balance commerciale du Japon a été déficitaire de 219,9 milliards de yens (1,7 milliards d'euros) alors qu'elle était quasiment à l'équilibre l'an passé à la même époque. Cette valeur est inférieure à celle présentée en avril par le même ministère du fait d'un mode de calcul excluant les frais d'assurance et de transport. Les comptes courants sont néanmoins restés dans le vert grâce au solde toujours largement positif et même en progression du compte des revenus (+14% à 1 711,1 milliards de yens, soit 13,2 milliards d'euros), qui reflète les rendements des investissements japonais à l'étranger. La balance des transactions courantes est le meilleur indicateur de la situation d'une économie par rapport au reste du monde, car elle prend en compte non seulement les échanges des biens, mais aussi ceux de services, ainsi que les revenus des investissements directs ou de portefeuille et les transferts courants.