L'excédent courant du Japon a chuté de moitié en 2012, à son plus faible niveau enregistré depuis le lancement de cette statistique en 1985, à cause d'un repli des exportations et d'un bond de la facture énergétique un an après l'accident nucléaire de Fukushima. La troisième puissance économique mondiale a dégagé un excédent courant de 4 703,6 milliards de yens (environ 45 milliards d'euros au taux de change de 2012), soit 50,8% de moins qu'en 2011, a expliqué le ministère des Finances dans un communiqué. La balance des transactions courantes est le meilleur indicateur de la situation d'une économie par rapport au reste du monde, car elle prend en compte non seulement les échanges des biens, mais aussi ceux de services, ainsi que les revenus des investissements et les transferts courants. L'essentiel du repli de l'excédent est dû à l'aggravation du déficit commercial du pays, habitué pourtant à dégager d'importants surplus de ses échanges de biens avec l'étranger. Mais en 2012, le Japon a subi un déficit commercial de 5805,1 milliards de yens (55 milliards d'euros) - valeur inférieure à celle annoncée fin janvier par le même ministère des Finances, du fait d'un mode de calcul excluant les frais d'assurance et de transport. Cette perte, plus que triplée par rapport à celle de 2011, est due à un recul de 2,1% des exportations affaiblies par la crise d'endettement en Europe, la décélération de l'activité mondiale et la cherté du yen. Les ventes ont notamment fléchi à destination de l'Union européenne (moins d'automobiles et pièces détachées, composants électroniques et équipements scientifiques vendus) et de la Chine. Les importations ont au contraire grimpé de 4,5%, dopées par les achats de gaz et pétrole des compagnies d'électricité pour compenser l'arrêt quasi total des 50 réacteurs nucléaires de l'archipel, en raison de nouvelles mesures de sécurité exigées par les autorités après la catastrophe de Fukushima. Les arrivages de téléphones portables assemblés à l'étranger, par souci de coûts, ont aussi bondi sur fond de boom des "smartphones". Le déficit de la balance des services s'est lui aussi aggravé, de 48%, à 2 608,7 milliards de yens (25 milliards d'euros). Les comptes courants sont néanmoins restés dans le vert grâce au solde toujours largement positif et en progrès de 1,6% du compte des revenus (14 261,3 milliards de yens, soit 136 milliards d'euros), qui reflète les rendements des investissements japonais à l'étranger. En décembre pris isolément, le solde des comptes courants a basculé dans le rouge, une situation exceptionnelle pour le Japon. Le déficit a atteint 264,1 milliards de yens (près de 2,5 milliards d'euros), à peu près équivalent à la valeur de l'excédent dégagé en décembre 2011.