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Une âme plurielle sur les pas de l'identité
« Amazir » (l'homme libre) de Mustapha Bouhaddar
Publié dans Le Midi Libre le 14 - 09 - 2010

De nos jours, le genre autobiographique ne cesse de prendre de plus en plus de place sur les étals des librairies. Il devient ainsi un genre dominant qui intéresse de nombreux lecteurs. Le premier livre de Mustapha Bouhaddar «Amazir» ne contredit pas ces lignes. Paru aux éditions Publibook, « Amazir » est un récit personnel à travers lequel Bouhaddar se livre à cœur ouvert.
De nos jours, le genre autobiographique ne cesse de prendre de plus en plus de place sur les étals des librairies. Il devient ainsi un genre dominant qui intéresse de nombreux lecteurs. Le premier livre de Mustapha Bouhaddar «Amazir» ne contredit pas ces lignes. Paru aux éditions Publibook, « Amazir » est un récit personnel à travers lequel Bouhaddar se livre à cœur ouvert.
«Il n'y a qu'un seul monde et il est faux, cruel, contradictoire, séduisant et dépourvu de sens. Un monde ainsi constitué est le monde réel. Nous avons besoin de mensonges pour conquérir cette réalité, cette "vérité" » C'est avec cette citation en épigraphe de Friedrich Nietzsche que l'auteur a choisi de nous mener vers une voie intime de son vécu.
Avec « Amazir » (l'homme libre), l'auteur, lui-même narrateur de son récit, se livre à un combat conscient mais surtout inconscient de son subconscient. Ainsi, dès les premières lignes, l'auteur signe et marque sa présence avec une phrase annonciatrice « aussi loin que je me souvienne».
À travers ce premier paragraphe, Mustapha Bouhaddar cite son grand-père qui, semble-t-il, a marqué son enfance. Il s'interroge sur diverses questions. La première est le sens de l'amour. Il se rappelle donc son grand-père qui lui disait que «la réalité ne se trouve pas dans un seul rêve mais dans plusieurs rêves ».
Avec cette phrase vient le tour de plusieurs autres réminiscences, celles de tous ces écrivains et penseurs ayant marqué son existence et qui ont essayé en quelque sorte de répondre à cette question existentielle à l'instar du psychanalyste Lacan qui disait que « l'amour, c'est offrir à quelqu'un qui n'en veut pas quelque chose que l'on n'a pas ».
Mais ici, l'auteur se fie beaucoup plus aux propos de l'écrivain et penseur perse Omar Khayyam « Entre la foi et l'incrédulité un souffle, — Entre la certitude et le doute, un souffle. – Sois joyeux dans ce souffle présent où tu vis, — Car la vie elle-même est dans le souffle qui passe ».
Puis au fil des lignes, avec énormément d'affinité et de subtilité, il plonge, nous avec lui, dans d'autres interrogations existentielles telles que la peur et la mort.
Pour la première, l'étonnement nous a envahis lorsque nous découvrons sa réponse. « En fait, le jour où j'ai eu le plus peur remonte à ma naissance ».
Pour la seconde, Bouhaddar préfère encore une fois donner la parole à des écrivains connus à l'instar de Victor Hugo «qui était un grand visionnaire en tout, disait dans un de ses ouvrages qu'on est tous condamnés à mort mais à chacun son sursis».
Sur un ton de franchise
Une balade littéraire et même spirituelle nous a été donc proposée par cet auteur d'origine marocaine. Spirituelle dans le fait d'aborder la définition et la conception que se font les religions monothéistes de la mort. «Chez les chrétiens et les catholiques aussi, les prêtres s'habillent en noir. Les églises pour moi sont comme des pharmacies qui guérissent l'âme, et les prêtres des pharmaciens. Les musulmans eux, n'ont pas cette vision ; la religion musulmane est une religion solitaire, on s'adresse à Dieu directement, on prie, on se confie à lui sans avoir besoin d'intermédiaire, on est seul au monde, l'altérité totale.»
Il revient après à son enfance marquée justement par l'enseignement religieux tous les mercredis dans le but d'apprendre la langue arabe.
A travers les premières lignes autobiographies l'auteur commence par narrer l'aventure qu'ont menée ses parents de leur pays d'origine (le Maroc) vers la France «Ma mère a suivi mon père quand il a pu s'installer et monter son premier magasin d'alimentation.
Il s'était bien débrouillé. Il a travaillé dans une usine de voitures dans la région parisienne, fait des économies, pris des cours du soir pour apprendre à lire et à écrire le français.
Aujourd'hui encore, le mot « intégration » me rebute encore. On le sert à toutes les sauces ».
Avec ce livre, Mustapha Bouhaddar raconte sa vie, celle de ses parents et de toute sa famille, une existence qui ressemble à beaucoup d'immigrés rejetés par le pays étranger, plus reconnaissable par le pays d'origine.
«Pourquoi n'écrirai-je pas un livre pour immortaliser les histoires que m'a racontées mon grand-père jadis, (lui qui) ne savait ni lire ni écrire; (mais qui) connaissait ces histoires de mémoire?». A partir de là, nous comprenons les motivations de l'auteur et de celles de beaucoup d'écrivains avant lui.
Les contes de (son) enfance
Avec un style fluide, sans se soucier des tournures de phrases, Mustapha Bouhaddar, auteur-narrateur nous mène vers des contes berbères ayant bercé son enfance. Il nous rappelle ainsi le célèbre livre «Le grain magique» de Taos Amrouche.
«Peut-être que les contes berbères retracés dans mon roman ont séduit les éditeurs par leurs côtés unique et mystérieux. Les berbères sont des gens qui ont été élevés à la dure. Ils vivent dans les montagnes où sévit un climat rude. Ce sont des personnes hors du commun. Ils ne se plaignent jamais et acceptent leur condition. Il leur manque le rationalisme et le pragmatisme européens, pour eux le pire n'est jamais déçu. Ils croient au destin, au « mektoub ». Mais quoi qu'il arrive, ils restent dignes, ce sont des « amazirs » des hommes libres…», confiait récemment le romancier dans Maghreb Canada Express.
Enfin, c'est une aventure inéluctable qui attend tout lecteur amoureux des belles lettres et des émotions sincères. Car avec Mustapha Bouhadda, l'actualité du moment se joint au passé pour créer un monde autant parallèle que semblable.
«Il n'y a qu'un seul monde et il est faux, cruel, contradictoire, séduisant et dépourvu de sens. Un monde ainsi constitué est le monde réel. Nous avons besoin de mensonges pour conquérir cette réalité, cette "vérité" » C'est avec cette citation en épigraphe de Friedrich Nietzsche que l'auteur a choisi de nous mener vers une voie intime de son vécu.
Avec « Amazir » (l'homme libre), l'auteur, lui-même narrateur de son récit, se livre à un combat conscient mais surtout inconscient de son subconscient. Ainsi, dès les premières lignes, l'auteur signe et marque sa présence avec une phrase annonciatrice « aussi loin que je me souvienne».
À travers ce premier paragraphe, Mustapha Bouhaddar cite son grand-père qui, semble-t-il, a marqué son enfance. Il s'interroge sur diverses questions. La première est le sens de l'amour. Il se rappelle donc son grand-père qui lui disait que «la réalité ne se trouve pas dans un seul rêve mais dans plusieurs rêves ».
Avec cette phrase vient le tour de plusieurs autres réminiscences, celles de tous ces écrivains et penseurs ayant marqué son existence et qui ont essayé en quelque sorte de répondre à cette question existentielle à l'instar du psychanalyste Lacan qui disait que « l'amour, c'est offrir à quelqu'un qui n'en veut pas quelque chose que l'on n'a pas ».
Mais ici, l'auteur se fie beaucoup plus aux propos de l'écrivain et penseur perse Omar Khayyam « Entre la foi et l'incrédulité un souffle, — Entre la certitude et le doute, un souffle. – Sois joyeux dans ce souffle présent où tu vis, — Car la vie elle-même est dans le souffle qui passe ».
Puis au fil des lignes, avec énormément d'affinité et de subtilité, il plonge, nous avec lui, dans d'autres interrogations existentielles telles que la peur et la mort.
Pour la première, l'étonnement nous a envahis lorsque nous découvrons sa réponse. « En fait, le jour où j'ai eu le plus peur remonte à ma naissance ».
Pour la seconde, Bouhaddar préfère encore une fois donner la parole à des écrivains connus à l'instar de Victor Hugo «qui était un grand visionnaire en tout, disait dans un de ses ouvrages qu'on est tous condamnés à mort mais à chacun son sursis».
Sur un ton de franchise
Une balade littéraire et même spirituelle nous a été donc proposée par cet auteur d'origine marocaine. Spirituelle dans le fait d'aborder la définition et la conception que se font les religions monothéistes de la mort. «Chez les chrétiens et les catholiques aussi, les prêtres s'habillent en noir. Les églises pour moi sont comme des pharmacies qui guérissent l'âme, et les prêtres des pharmaciens. Les musulmans eux, n'ont pas cette vision ; la religion musulmane est une religion solitaire, on s'adresse à Dieu directement, on prie, on se confie à lui sans avoir besoin d'intermédiaire, on est seul au monde, l'altérité totale.»
Il revient après à son enfance marquée justement par l'enseignement religieux tous les mercredis dans le but d'apprendre la langue arabe.
A travers les premières lignes autobiographies l'auteur commence par narrer l'aventure qu'ont menée ses parents de leur pays d'origine (le Maroc) vers la France «Ma mère a suivi mon père quand il a pu s'installer et monter son premier magasin d'alimentation.
Il s'était bien débrouillé. Il a travaillé dans une usine de voitures dans la région parisienne, fait des économies, pris des cours du soir pour apprendre à lire et à écrire le français.
Aujourd'hui encore, le mot « intégration » me rebute encore. On le sert à toutes les sauces ».
Avec ce livre, Mustapha Bouhaddar raconte sa vie, celle de ses parents et de toute sa famille, une existence qui ressemble à beaucoup d'immigrés rejetés par le pays étranger, plus reconnaissable par le pays d'origine.
«Pourquoi n'écrirai-je pas un livre pour immortaliser les histoires que m'a racontées mon grand-père jadis, (lui qui) ne savait ni lire ni écrire; (mais qui) connaissait ces histoires de mémoire?». A partir de là, nous comprenons les motivations de l'auteur et de celles de beaucoup d'écrivains avant lui.
Les contes de (son) enfance
Avec un style fluide, sans se soucier des tournures de phrases, Mustapha Bouhaddar, auteur-narrateur nous mène vers des contes berbères ayant bercé son enfance. Il nous rappelle ainsi le célèbre livre «Le grain magique» de Taos Amrouche.
«Peut-être que les contes berbères retracés dans mon roman ont séduit les éditeurs par leurs côtés unique et mystérieux. Les berbères sont des gens qui ont été élevés à la dure. Ils vivent dans les montagnes où sévit un climat rude. Ce sont des personnes hors du commun. Ils ne se plaignent jamais et acceptent leur condition. Il leur manque le rationalisme et le pragmatisme européens, pour eux le pire n'est jamais déçu. Ils croient au destin, au « mektoub ». Mais quoi qu'il arrive, ils restent dignes, ce sont des « amazirs » des hommes libres…», confiait récemment le romancier dans Maghreb Canada Express.
Enfin, c'est une aventure inéluctable qui attend tout lecteur amoureux des belles lettres et des émotions sincères. Car avec Mustapha Bouhadda, l'actualité du moment se joint au passé pour créer un monde autant parallèle que semblable.


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